[TOPS & FLOPS] TOURNÉE NORD-AMÉRICAINE

A une semaine de la dernière levée du Grand Chelem, les bookmakers sont de plus en plus fébriles. Pour vous aider dans vos pronostics, retour sur les trois dernières semaines, riches en surprises.

xxxxxx

TOPS

xxxxxx

Golden Novak

xxxxxxxx

© lci.fr

© lci.fr

On parle souvent des 20 Grand Chelem de Federer ou des 11 Roland-Garros de Nadal. Mais cette fois, le nom qu’on associera au premier Golden Masters de l’histoire, c’est celui de Novak Djokovic. Un mois après avoir signé son retour aux affaires à Wimbledon, le Serbe a remporté le Masters 1000 de Cincinnati : le dernier qu’il lui manquait pour avoir gagné au moins une fois tous les Masters 1000. Un véritable exploit qu’a réalisé l’ancien numéro 1 mondial, trois ans après sa quatrième finale perdue ici-même à Cincinnati, face à Roger Federer. L’occasion de relancer le débat éternel des hautes sphères du circuit ATP : Nadal et Federer sont-ils vraiment les plus grands joueurs de tous les temps ? Parmi ses 20 Grand Chelem, Federer, maître incontesté du gazon, n’en a remporté qu’un seul sur terre battue, et fait maintenant l’impasse sur toute la saison sur ocre. Nadal, l’homme aux 11 Roland-Garros, n’a au contraire remporté « que » deux fois Wimbledon. Les deux joueurs sont sans aucun doute les meilleurs joueurs du monde sur leurs surfaces respectives, mais quand il s’agit de changer de terrain, les choses deviennent plus difficiles. Novak Djokovic, quant à lui, compte 8 Grand Chelem sur dur, 4 sur gazon, et s’il n’a remporté Roland-Garros qu’une fois, il compense avec ses 8 Masters 1000 sur terre. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le Serbe est beaucoup plus polyvalent que ses deux rivaux. Or il est bien plus difficile d’être excellent sur toutes les surfaces que sur une seule. En terme de performances, c’est donc bel et bien Novak Djokovic qui devrait être considéré comme le plus grand joueur de l’ère Open.

xxxxxxxx

Wawrinka, bientôt de retour au plus niveau ?

xxxxxxxxxx

© rds.ca

© rds.ca

Il y a tout juste un an, Stan Wawrinka sortait d’une double opération du genou gauche qui allait l’écarter des courts jusqu’au mois de janvier. Pendant les huit derniers mois, l’ancien numéro 3 mondial a bataillé dur pour retrouver un niveau de jeu convenable et une condition physique irréprochable. Un chemin très éprouvant, comme il l’évoquait après sa défaite au premier tour à Roland-Garros, au mois de juin : « C’est mentalement difficile mais il y a trop de positif par rapport à ma situation pour se laisser aller. (© L’EQUIPE) ». Comme pendant tout le reste de sa carrière, Wawrinka n’a rien lâché et aujourd’hui, une nouvelle fois, le travail paye. 198e mondial au début de la tournée américaine, le Suisse a dû demander des wildcards pour Toronto et Cincinnati. Et comme pour prouver qu’il les méritait, il n’avait jamais aussi bien joué depuis un an que pendant ces deux semaines. Au Canada, Wawrinka s’est d’abord défait d’un Kyrgios complètement irrégulier, avant de prendre sa revanche sur Fucsovics, qui l’avait éliminé en quart à Genève. Les deux fois, le Suisse a perdu le premier set 6-1 avant d’élever remarquablement son niveau de jeu. En huitième, face à Nadal, Wawrinka a retrouvé un niveau de jeu incroyable et une excellente vitesse de déplacement. Malgré sa défaite, ce match a sonné comme une promesse. Promesse tenue puisque la semaine suivante, à Cincinnati, Wawrinka s’est hissé jusqu’en quart de finale après avoir éliminé Schwartzman, Fucsovics et Nishikori, pour retrouver son compatriote et ami, Roger Federer. Le Vaudois s’est même offert le luxe de remporter la première manche avec un tennis exemplaire, avant de perdre un peu en rythme et de laisser son adversaire prendre le dessus. Une tournée nord-américaine extrêmement rassurante à l’approche de l’US Open. « Stan The Man » aperçoit enfin la lumière au bout du tunnel.

xxxxxxxxx

Tsitsipas, nouvelle image de la Next Gen

xxxxxxxxx

© ouest-france.fr

© ouest-france.fr

Portée depuis plusieurs années par Alexander Zverev, la Next Gen s’est trouvé une nouvelle star en la personne de Stefanos Tsitsipas, 20 ans. Entré dans le top 100 fin octobre, le Grec a connu une ascension fulgurante cette saison. A Washington, il s’est notamment défait de David Goffin en quart de finale avant de s’incliner en demi face à Zverev. Mais c’est à Toronto que Tsitsipas s’est vraiment révélé comme un futur Top 5. Après avoir écarté Damir Dzumhur, le Grec a battu le finaliste de Roland-Garros Dominic Thiem en 2 sets et 1h22 de jeu. Il s’est ensuite offert l’ancien numéro 1 mondial, Novak Djokovic, puis le tenant du titre Alexander Zverev avant de s’imposer en demi-finale face à Kevin Anderson, qui joue pourtant le tennis de sa vie. Il a finalement buté contre le numéro 1 mondial Rafael Nadal, qui ne s’est pas laissé impressionner. Tsitsipas est arrivé à Cincinnati en tant que 15e joueur mondial. Mais sans doute épuisé physiquement et mentalement, le Grec s’est incliné dès le premier tour face à David Goffin. Il occupe désormais la 2e place dans la « Race to Milan », la liste de qualification pour le Milan Next Gen, inauguré l’an dernier. Pour Tsitsipas, les choses sérieuses viennent tout juste de commencer.

xxxxxxxxxxx

FLOPS

xxxxxxxxx

Adieu, Coupe Davis

Le 16 août dernier, l’ITF votait la réforme de la Coupe Davis, ou plutôt sa destruction. La compétition n’aura désormais plus rien à voir avec ce qu’elle était depuis toutes ces années. Alors qu’elle était auparavant répartie en quatre rencontres tout au long de l’année, elle va maintenant se condenser en deux semaines sur terrain neutre. Pas si différent, finalement, de tous les autres tournois qui se jouent dans l’année, à ceci près que la Coupe Davis est une compétition par équipes nationales (et Dieu merci, elle le restera). Une nouvelle formule qui provoquera sûrement beaucoup moins d’émotions que la formule ancestrale, tant celle-ci se retrouve dénaturée et banalisée. Et à force de se battre pour quelques grands joueurs, l’ITF va perdre les supporters, les vrais, ceux qui chantent l’hymne national vingt fois par rencontre et qui rêvent de voir leur équipe soulever le Saladier d’Argent à domicile. D’ailleurs, les supporters ne sont pas les seuls à avoir protesté contre cette réforme : Lucas Pouille, qui a ramené le point de la victoire à la France en 2017, avait déjà annoncé qu’il boycotterait si la réforme passait. Tomas Berdych, pilier de son équipe, a affiché sa désapprobation sur Twitter : « Je suis très fier d’avoir gagné une compétition qui a existé pendant plus de cent ans et d’avoir pu partager ces émotions avec les fans de mon pays et expérimenter ces moments incroyables ! Tout va disparaître maintenant. » a-t-il déclaré dans un post. Tout ce qu’on espère maintenant, c’est que l’ITF parviendra à atteindre les résultats souhaités, ou tout cela n’aura servi qu’à détruire d’innombrables souvenirs futurs…

xxxxxxxxx

Tsonga pas encore prêt

Alors que Wawrinka commence tout juste à retrouver son ancien niveau, c’est au tour de Jo-Wilfried Tsonga d’être handicapé par une blessure au genou. Opéré pour une fissure du ménisque en avril, le Français a été contraint de déclarer forfait pour l’US Open, encore loin du compte physiquement. En effet, Tsonga doit d’abord prendre le temps de cicatriser correctement, avant de pouvoir remettre les pieds sur un court. Il lui restera certainement un bout de chemin à parcourir ensuite, afin de se remettre en condition physiquement et de retrouver un niveau suffisant pour un retour à la compétition. L’ancien numéro 1 français a prévu de reprendre doucement la compétition en fin de saison pour être prêt à attaquer l’année 2019 au maximum de ses capacités. Un défi difficile, autant physiquement que mentalement, mais on lui souhaite un rétablissement à la hauteur de celui de Stan Wawrinka. En attendant, l’Equipe de France devra certainement se passer de lui pour la demi-finale de Coupe Davis qui aura lieu en septembre à Lille, face à l’Espagne.

 

Alizée Villeroy

Alizée Villeroy

Étudiante en sciences qui s’est trompée de chemin, amoureuse du sport et du revers de Stan Wawrinka, qui l’a d’ailleurs rendu accro au tennis. Ne peut s’empêcher de commenter un match à voix haute même s’il se déroule à l’autre bout du monde.

Les derniers articles par Alizée Villeroy (tout voir)