[FOCUS SUR…] GILLES SIMON, LE PETIT GENIE

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C’est loin d’être le plus ostentatoire des joueurs français, pourtant Gilles Simon est devenu, au fil des temps, un élément fort du paysage tennistique français. On vous emmène à la découverte du Niçois de 33 ans.

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SON PARCOURS

S’il est né sur la côte, Gilles Simon a grandi en région parisienne. Il commence le tennis à l’âge de six ans au club de tennis de la ville, puis intègre, à 14 ans, le sport étude du Pôle France de Poitiers. Laissé de côté par la Fédération en raison de son petit gabarit et de son niveau moyen, Simon fait pourtant son petit bout de chemin, jusqu’à passer joueur professionnel en 2002 (il est alors âgé de 18 ans). Deux ans plus tard, il fait ses premiers pas sur le circuit ATP à l’Open de Moselle, après avoir remporté six tournois Futures. En 2006, il fait sa première percée dans le top 100 après avoir atteint le troisième tour de l’Open d’Australie, en éliminant successivement Nicolas Massu et Tomas Berdych. Il connait ensuite des moments difficiles en 2010, victime d’une blessure au genou qui lui vaut beaucoup d’absences sur les courts. Les saisons 2011 et 2012 se révèlent beaucoup plus fructueuses, puis il connait une nouvelle période de vide jusqu’au milieu de la saison 2014. A ce jour, le Niçois est détenteur de 13 titres ATP en simple (dont un ATP 500), a joué deux finales en Masters 1000 et a atteint à deux reprises les quarts de finale d’un Grand Chelem (Open d’Australie et Wimbledon). Il a également participé en 2008 au Masters, sans toutefois dépasser le stade des phases de groupe. Une carrière déjà bien remplie pour le Français de 33 ans.

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SON PREMIER TITRE

© gettyimages.com

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C’est en 2007, à l’Open 13 de Marseille, que Gilles Simon soulève son premier trophée sur le circuit. Au début du tournoi, il est pourtant loin d’être favori, puisqu’il vient d’enchaîner quatre défaites consécutives. Au premier tour, il profite de l’abandon de Lleyton Hewitt au deuxième set (Simon avait remporté le premier), avant d’écarter Jonas Björkman. Il s’impose ensuite face à Robin Söderling, toujours en deux sets, pour retrouver en finale Marcos Baghdatis, alors 17e mondial (Simon est quant à lui 59e mondial). Il s’impose une nouvelle fois en deux sets, malgré une deuxième manche accrochée qui se conclue au tie-break. Il remporte ainsi son tout premier tournoi ATP. Dans la suite de sa carrière, il remportera ce tournoi une deuxième fois, en 2015.

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SA MEILLEURE PERFORMANCE

C’est en 2008 que le monde du tennis a réellement découvert les capacités de Gilles Simon et notamment à l’occasion du Masters 1000 de Madrid. Le Niçois commence par battre Igor Andreev en trois sets, après avoir perdu la première manche. Au tour suivant, il reproduit exactement le même schéma face à James Blake, puis une nouvelle fois face à Robby Ginepri. En quart de finale, il affronte Ivo Karlovic, contre qui il l’emporte une nouvelle fois en trois sets après avoir sauvé des balles de match contre lui. En demi-finale, il retrouve Rafael Nadal, numéro 1 mondial, contre qui il n’a jamais gagné. L’Espagnol est alors largement favori, et le début du match le confirme puisque c’est Nadal qui remporte la première manche. Mais Simon parvient à hausser son niveau de jeu pour s’emparer du deuxième set en sauvant au passage 10 balles de match. Dans la dernière manche, il en sauve encore 7, avant de remporter finalement le match avec une balle de match folle challengée par Nadal. Simon qualifie lui-même ce match de « plus grand match de sa carrière ». Il se qualifie ainsi pour sa première finale de Masters 1000, où il s’incline malheureusement face à Andy Murray. Il devient cependant le numéro 1 français et entre pour la première fois dans le top 10 du classement ATP.

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SON HISTOIRE EN COUPE DAVIS

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© lequipe.fr

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Gilles Simon est évidemment l’un des piliers de l’Equipe de France de Coupe Davis. Pourtant, ses débuts dans la compétition sont loin d’avoir été facile. Appelé pour la première fois sous le maillot bleu en 2009, il perd à ce moment ses deux matches, face à Tomas Berdych et Radek Stepanek. Il est à nouveau sélectionné l’année suivante, lors de la demi-finale face à l’Argentine. Il s’impose lors du quatrième match face à Eduardo Schwank, alors que la France a déjà remporté la rencontre et est qualifiée pour la finale face à la Serbie. Lors de cette finale, Simon s’incline face à Novak Djokovic, puis est remplacé par Michael Llodra pour le cinquième match. La France s’incline 3-2. En 2011, il s’impose face à Stefan Koubek à Vienne, puis perd son deuxième match face à Jürgen Melzer. Deux ans plus tard, lors du quart de finale face à l’Argentine, il s’incline pour ses deux matches et notamment dans le cinquième match décisif face à Carlos Berlocq. Il s’avoue très marqué par cette défaite qui prive les Français d’une demi-finale. En 2014, lors de la finale perdue face à la Suisse, il reste sur le banc des remplaçants. En 2017, il est appelé dès le premier tour face au Japon et rapporte le 2e point à l’équipe en battant Yoshihito Nishioka. Il est ensuite le seul des quatre Mousquetaires (Tsonga, Monfils, Gasquet et lui) à prendre part au quart de finale face à la Grande-Bretagne, mais il est finalement laissé sur le banc au profit de Jérémy Chardy. Il n’est ensuite pas sélectionné pour la demi-finale, ni pour la finale, pour laquelle il est tout de même présent. Suite à la victoire de la France, il reçoit, comme tous les Bleus ayant participé à la campagne 2017, une version miniature du Saladier d’Argent. Une belle récompense pour ce joueur qui a toujours montré son implication au sein de l’équipe de France.

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SON MEILLEUR CLASSEMENT

Après une très bonne fin de saison 2008, avec une victoire à Bucarest, une finale à Madrid et une demi-finale au Masters, Simon finit l’année à la 7e place mondiale. Mais avec la modification de la répartition des points au début de la saison suivante, il atteint le 5 janvier 2009 la 6e place mondiale qui est, encore aujourd’hui, le meilleur classement de sa carrière. Il reste à cette place pendant une semaine, avant de redescendre à la 7e, puis 8e place.

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SON JEU

Avec son petit gabarit, Gilles Simon a très vite développé un grand sens tactique. Il est notamment très bien renseigné sur ses adversaires et leur style de jeu, afin de pouvoir trouver en amont une façon adéquate de les gêner dans leur jeu. C’est également un joueur rapide et endurant. Il est capable d’accélérer brusquement son revers long de ligne et est très doué pour casser le rythme de ses adversaires en alternant frappes molles et puissantes. S’il est très bon relanceur, il a beaucoup plus de difficultés au service, ce qui l’a amené, entre la saison 2010 et 2011, à modifier sa prise de raquette au service (un changement qui a plutôt bien fonctionné).

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SES PROCHAINS TOURNOIS

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© eurosport.com

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Gilles Simon est bien évidemment à l’affiche de Wimbledon, qui débute cette semaine. Il affrontera au premier tour le Géorgien Basilashvili. Le début de la saison sur gazon n’a pas été très fructueuse pour le Niçois : après avoir remporté son premier match à Stuttgart face à l’Italien Viola, il s’est incliné au tour suivant au profit de Feliciano Lopez. Il a ensuite perdu dès le premier tour des qualifications de Halle, face à Denis Istomin, puis une nouvelle fois face à Mayer au premier tour de Eastbourne. Pas très encourageant, donc, à l’approche du troisième Grand Chelem de l’année. Cependant, Gilles Simon a réalisé à Wimbledon sa meilleure performance en Grand Chelem, à savoir un quart de finale en 2015, perdu face à Roger Federer. A suivre…

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ET A CÔTÉ ?

Gilles Simon vit depuis plusieurs années en Suisse avec sa compagne Carine et ses deux enfants, Thimothée et Valentin. Joueur assez discret sur le circuit, le Niçois a la réputation d’être très cultivé. Il est même surnommé « Prof » par ses coéquipiers de Coupe Davis. Il a notamment appris le piano au conservatoire, alors qu’il était jeune.

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Alizée Villeroy

Alizée Villeroy

Étudiante en sciences qui s’est trompée de chemin, amoureuse du sport et du revers de Stan Wawrinka, qui l’a d’ailleurs rendu accro au tennis. Ne peut s’empêcher de commenter un match à voix haute même s’il se déroule à l’autre bout du monde.

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