[TENNIS INSIDE] DIRECTION L’OPEN 13 !

Vendredi 23 février : direction Marseille pour assister à l’Open 13 Provence. Jusqu’à maintenant, le tournoi a été marqué par les forfaits de Jo-Wilfried Tsonga et David Goffin, ainsi que par l’abandon, la veille au soir, de Stan Wawrinka, dont la blessure au genou est encore loin d’être rétablie.  

Jour 1 : quarts de simple

Julien Benneteau au service face à Karen Khachanov.

Mais me voilà enfin au pied du Palais des Sports. Après un contrôle rapide à l’entrée, j’arrive juste à temps pour le premier des quatre quarts de finale, qui oppose Julien Benneteau à Karen Khachanov. La première chose qui me frappe, c’est la vitesse du jeu sur cette surface (dur indoor), dont on ne se rend pas bien compte derrière un écran. Loin d’être perturbé, Khachanov se déplace très bien et sert encore mieux. Pourtant, c’est « Bennet » qui breake le premier et je me dis que le match n’est pas aussi déséquilibré qu’il n’y paraît. Mais comme pour me contredire, Khachanov reprend l’avantage et empoche la première manche. Dans le deuxième set, Benneteau sauve une première balle de match avant de s’incliner sur la deuxième, un jeu plus tard.  Auteur de 16 aces (contre 6 pour Benneteau), Khachanov a clairement dominé au service, le secteur de jeu dans lequel il excelle. Ainsi s’achève le dernier Open 13 (en simple) de Julien Benneteau, qui a annoncé prendre sa retraite dans l’année. On le retrouve quand même demain pour la demi-finale de double, aux côtés de Nicolas Mahut. 

 

 

A peine le premier quart fini que les joueurs suivants font leur entrée sur le terrain, dans une ambiance électrique. Damir Dzumhur est le premier à faire son apparition, suivi du près par Tomas Berdych. Après un rapide échauffement, les hostilités démarrent. Très vite, Dzumhur montre une très bonne qualité de jeu, même si les premières minutes sont assez équilibrées. Il prend un break d’avance, mais la longueur de balle de Berdych lui permet de recoller en score in-extremis, alors que Dzumhur servait pour le set. Berdych remporte le set au tie-break, avec la promesse d’une deuxième manche accrochée. Sauf que… À la surprise générale, Dzumhur décide de jeter l’éponge, victime d’une fièvre qui n’a pourtant pas eu l’air de le déranger dans ce début de match. J’avoue que je suis un peu déçue de ne pas pouvoir assister à la fin de ce combat. Berdych, interviewé au micro de Marc Maury, se montre compatissant envers son adversaire, lui qui a connu le même sort il n’y a pas si longtemps à Rotterdam (malade, il avait dû déclarer forfait avant son quart de finale). L’ennui, c’est que le prochain match, qui doit opposer Lucas Pouille (dont c’est l’anniversaire !) à Filip Krajinovic, ne commencera pas avant deux longues heures… Heureusement, le freestyleur Stefan Bojic s’invite sur le court pour nous faire une démonstration plutôt impressionnante.

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Stefan Bojic, le freestyleur.

19h. Le match de Lucas Pouille et Filip Krajinovic va enfin pouvoir débuter. Le Français remporte la première manche au tie-break, puis Krajinovic recolle au score. Cependant, Pouille se montre plutôt solide dans tous les compartiments du jeu, ce qui lui permet de remporter le match. Après sa victoire, une petite surprise l’attend : les organisateurs apportent sur le court un gâteau en l’honneur de son anniversaire et tout le public entonne la chanson avec Marc Maury.

Filip Krajinovic face à Lucas Pouille.

Filip Krajinovic face à Lucas Pouille.

Le dernier match de la journée oppose un autre Français, Nicolas Mahut, au Biélorusse Ilya Ivashka. Mais même si Mahut remporte la première manche, on sent qu’il a beaucoup de difficultés dans ses déplacements, ce qui est sans aucun doute lié à la fatigue accumulée ces derniers jours (15 matchs en 3 semaines, ça commence à faire beaucoup, surtout à 36 ans…). Il fait venir le kiné à deux reprises, pour le dos et pour le genou. Le bras est toujours là, mais quand les jambes ne suivent pas, ça devient difficile, et Ivashka convertit sa première balle de match pour filer en demi-finale. Le Français se sera pourtant battu jusqu’au bout.

Il est déjà près de minuit, et il est temps pour moi de dire au revoir à l’Open 13… jusqu’à demain matin !

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Jour 2 : demi-finales

Le samedi, ce sont Khachanov et Berdych qui ouvrent le bal avec la première demi-finale de simple. Contrairement à la veille, on remarque de suite que le Tchèque n’est pas vraiment dans son match. Menant 5-2, 0-40 dans le deuxième set après une double-faute de Berdych, Khachanov, imperturbable, convertie sa première balle de match et se qualifie pour la deuxième finale de sa carrière. Mais à peine le temps de s’en remettre qu’on enchaîne avec le match suivant : Lucas Pouille (24 ans et un jour) contre Ilya Ivashka (24 ans tout pile ce samedi !). Le premier semble un peu moins solide que la veille, notamment au service, tandis que le second poursuit sur sa lancée de la semaine. Résultat : on assiste à un match plutôt accroché qui se conclut tout de même par une victoire du Français. Petit moment sympa quand un enfant, dans le public, lance un « Allez gamin ! » à l’attention de Pouille, ce qui fait beaucoup rire ce dernier. Au micro de Marc Maury, le Français remercie une nouvelle fois le public marseillais, ainsi que la WATFA (We Are Tennis Fan Academy), venue mettre l’ambiance pour le week-end (et on leur dit merci). On assistera donc à une finale de jeunes, entre Karen Khachanov et Lucas Pouille, ce qui promet d’être un beau match.

Benneteau et Mahut se sont inclinés en demi-finale.

Le dernier match de la journée, c’est bien évidemment la demi-finale opposant les Français Julien Benneteau et Nicolas Mahut aux têtes de série numéro 1, Raven Klaasen et Michael Venus. Si les deux premiers jouent ensemble depuis l’âge de 14 ans, les deux autres ne sont associés que depuis le début de la saison. Ils ont d’ailleurs un peu de mal à se coordonner dans le premier set, remporté par Mahut et Benneteau. Mais dans la deuxième manche, les Français laissent passer trop d’occasions, ce qui leur coûte le set. Le match se joue donc au super tie-break, plutôt accroché, mais ce sont Klaasen et Venus qui empochent le mini-break de plus et convertissent leur 4e balle de match, se qualifiant ainsi pour leur première finale ensemble. Un peu déçue que les Français se soient inclinés, je dois quand même dire que les deux équipes nous ont offert un très beau match de double, comme on en voit de moins en moins et pour ça, on peut le dire : merci ! J’ai également une pensée particulière pour Julien Benneteau, qui dit ainsi adieu à l’Open 13, et que je n’aurai sans doute pas la chance de revoir jouer (en vrai) avant la fin de sa carrière…

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Jour 3 : finales

Qui dit dimanche dit jour de finale ! C’est parti pour une dernière journée à Marseille qui s’annonce riche en trophées. Dès 12h30, je suis installée dans les gradins pour ne pas perdre une miette du programme. Comme la veille, la WATFA est là, tout en vert, et commence déjà à mettre l’ambiance dans le public. A 12h50, les joueurs de double font leur entrée sur le court : Klaasen/Venus d’un côté, Daniell/Inglot de l’autre. D’entrée, le match s’annonce serré. Aucune des deux équipes ne lâche son engagement et la première manche se dirige droit vers un tie-break, remporté par Daniell et Inglot. Mais dans le deuxième set, Klaasen et Venus parviennent à breaker et recollent ainsi au score. Comme la veille, les deux équipes se départagent au super tie-break et ce sont Klaasen et Venus qui prennent le large avant de finalement remporter leur tout premier tournoi ensemble, après seulement deux mois de collaboration : ça s’applaudit !

Lucas Pouille face à Karen Khachanov.

Lucas Pouille face à Karen Khachanov.

Après la cérémonie protocolaire avec les juges de lignes, les ramasseurs de balles et les membres de l’organisation, le court se vide à nouveau le temps d’accueillir le responsable de la WATFA. Il présente l’association en quelques phrases et assure que s’ils sont plus proches des joueurs Français, les supporters de la WATFA encouragent évidemment tous les joueurs. Puis c’est au tour de la finale de simple tant attendue entre Khachanov et Pouille. Dès le début du match, je me rends compte de deux choses : la première, c’est que le Français est encore moins efficace que la veille au service. La deuxième, c’est qu’au contraire, Khachanov est une véritable machine dans ce domaine du jeu. En face, Lucas Pouille a bien du mal à relancer. L’accumulation des deux lui coûte d’ailleurs la première manche. Mais le Français joue à domicile et à évidemment le public derrière lui. En plus de ça, il commence à se caler et parvient de plus en plus à retourner le service de son adversaire. Il remporte le deuxième set 6-3, relançant totalement la partie. Tandis que le troisième débute, je suis complètement incapable de prédire le résultat du match et je ne pense pas être la seule. A 6-5, Pouille se retrouve obligé de servir pour rester dans le match. Il écarte alors une première balle de match au grand soulagement du public, avant de commettre l’irréparable : une double-faute qui offre une nouvelle balle de match à Khachanov. Cette fois, le Russe saisit sa chance, remportant ainsi son premier titre ATP. Fervente supportrice de la France, je suis évidemment déçue que Lucas Pouille n’ait pas remporté cette finale. Mais même si ça s’est joué à peu de choses, son manque de réussite au service a été sans conteste sa plus grande faiblesse aujourd’hui.

La WATFA est venue en nombre !

La WATFA est venue en nombre !

La cérémonie de remise des trophées passe en un éclair, et déjà, il est l’heure de dire au revoir à l’Open 13 et à Marseille. Mais je vous le dis : j’espère pouvoir y revenir le plus vite possible !

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Alizée Villeroy

 

Alizée Villeroy

Étudiante en sciences qui s’est trompée de chemin, amoureuse du sport et du revers de Stan Wawrinka, qui l’a d’ailleurs rendu accro au tennis. Ne peut s’empêcher de commenter un match à voix haute même s’il se déroule à l’autre bout du monde.