[COUPE DAVIS] DE VICTOIRE ET D’ÉMOTIONS

© public.fr

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Ceci n’est pas un article à proprement parler. Parce que dans un article, on se doit d’être impartial. Neutre. Sauf qu’en tant que supportrice de l’équipe de France et amoureuse du tennis, je suis absolument incapable d’être neutre dans un moment pareil. Je suis tellement heureuse que les garçons aient remporté ce titre. Pas à cause des 16 années, non. Peut-être que pour les joueurs, ça fait une différence, ces 16 années sans victoire. Mais pour moi, même si on avait gagné l’année dernière, ou en 2014, face aux Suisses, l’émotion que j’ai ressenti dimanche, au moment de cette balle de match, aurait été la même. Certains diront que ça ne vaut pas un Grand Chelem. Pourtant, c’est bien plus que ça. C’est la victoire d’un groupe et c’est sans doute pour ça que l’émotion est si forte. C’est notre équipe. Une équipe qui a traversé les années pour se construire au fur et à mesure, jusqu’à atteindre le niveau qu’elle a aujourd’hui. C’est Jo, le taulier du groupe. C’est Lucas, l’avenir du tennis français. C’est Richard, qui en rêvait depuis si longtemps. C’est Pierre-Hugues, ce garçon bourré de talent que j’aime infiniment. C’est Jérémy et Gillou, sans qui rien n’aurait été possible. Et enfin, Bennet’ et Nico, qui nous ont profondément ému ce weekend. Pour ces deux-là encore plus que les autres, ça n’a pas été facile. Parce qu’à 35 ans, il s’agissait peut-être de leur dernière chance de remporter une Coupe Davis. Quand j’ai vu jouer Nico et Pierre-Hugues ensemble pour la première fois, je me suis dit que c’était une évidence. Il y a une telle osmose, une telle complicité entre ces deux mecs qu’on ne peut pas faire autrement que les aimer, parce que les regarder jouer, c’est juste du plaisir. Alors oui, quand Yannick Noah a annoncé la composition jeudi midi, ça m’a brisé le cœur. Je n’avais même pas envisagé une seconde qu’ils n’affronteraient pas ensemble le double samedi. Mais Richard et Pierre-Hugues ont fait le job et Yan’ a assumé son choix. Pourtant, j’aurai toujours ce petit regret que Nico n’ait pas joué cette finale aux côtés de son « petit frère ».

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Julien Benneteau et Nicolas Mahut à l'entrée des joueurs sur le cours, vendredi. © lexpress.fr

Julien Benneteau et Nicolas Mahut à l’entrée des joueurs sur le cours, vendredi. © lexpress.fr

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Cet esprit de groupe, c’est avant tout à Noah qu’on le doit. Parce qu’il a réussi à rassembler des joueurs tellement différents – certains ont même plus de 10 ans d’écart… C’est déjà un exploit d’avoir pu réunir un tel groupe. Evidemment, cette équipe ne serait rien sans le staff. Ces mecs qui restent planqués dans l’ombre et qui font pourtant partie intégrante de l’aventure : Cédric Pioline, Loïc Courteau, les docs et les kinés, Jonathan Eysseric, le sparring-partner gaucher et bien d’autres encore. A leurs côtés, les joueurs ont bossé, bossé et encore bossé pour être prêt à jouer à leur meilleur niveau ce weekend, et ça a payé. Alors non, le meilleur joueur de cette finale n’était pas Français. D’ailleurs, je tiens à souligner l’incroyable performance de David Goffin, qui n’a jamais aussi bien joué que ces dernières semaines. Ce mec va aller très, très loin. Il nous a prouvé qu’un petit gabarit est loin d’être un handicap quand on joue un tennis comme le sien et il n’a jamais montré la moindre défaillance dans son mental. Honnêtement, j’adore ce joueur, pour son jeu mais aussi pour son humanité et son humilité.

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Sauf que voilà : la Coupe Davis, ça se joue en équipe, et c’est sans doute pour ça que c’est si beau. 3 points pour quatre mecs : un pour Jo, un pour Pierre-Hugues et Richard, et un pour Lucas. Lucas, le gamin de 23 ans, qui remporte le point du 5e match chez lui, dans une ambiance indescriptible. Tous les joueurs de cette édition 2017 étaient là, prêts à porter leurs potes jusqu’à la victoire. Cette victoire, c’est aussi grâce à eux. Et d’ailleurs, ils n’ont pas été que 4 à monter sur le podium. Pour la symbolique et parce que c’est aussi leur victoire, Nico, Bennet’, Jérémy et Gillou ont eu aussi reçu leurs trophées, soulevé la Coupe Davis et chanté la Marseillaise à pleins poumons. Et moi, c’est cette image que je retiendrai de cette édition 2017. Les Bleus, ensemble. Les mots ne suffisent pas pour dire à quel point je suis heureuse. Alors je dirai juste :

MERCI

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© europe1.fr

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Alizée Villeroy

Alizée Villeroy

Étudiante en sciences qui s’est trompée de chemin, amoureuse du sport et du revers de Stan Wawrinka, qui l’a d’ailleurs rendu accro au tennis. Ne peut s’empêcher de commenter un match à voix haute même s’il se déroule à l’autre bout du monde.

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