[FOCUS SUR…] STAN WAWRINKA

Depuis le tennis club de Lausanne, en Suisse, où il a effectué ses débuts sur le court, jusqu’à sa troisième victoire en Grand Chelem, l’an passé, Stan The Man a effectué un sacré bout de chemin. Retour sur le parcours d’un joueur pas si ordinaire.

 

« Tout dans la tête. » Ce geste est devenu sa signature. © tennismag.com

Les débuts d’un futur champion

 

Stan Wawrinka commence le tennis à l’âge de huit ans sur les traces de son grand frère, Jonathan. Pas plus talentueux qu’un autre, moins doué d’ailleurs que son frère, Stan se démarque pourtant par sa persévérance hors normes et une très grande motivation. Dès les premières années, il passe presque tout son temps libre sur les courts de tennis. A 11 ans, son entraîneur le fait passer au revers à une main, puis Wawrinka commence les compétitions. Il n’est pas vraiment du genre à voir toujours plus grand. « Gagner un Grand Chelem, ce n’était même pas un rêve pour moi. » a-t-il déclaré au début de l’année. C’est sa passion qui le pousse à se dépasser, à travailler sans relâche et à progresser encore et encore, si bien qu’un jour, il se retrouve sur le circuit junior, aux côtés des jeunes prodiges appelés à devenir de grands noms du tennis. Quelques années plus tard, il décroche son premier et unique titre du Grand Chelem junior, à Roland-Garros. Mais malgré des progrès constants, il lui faut attendre 2006 avant de remporter son premier titre ATP, à Umag. Opposé à Novak Djokovic en finale, Wawrinka sort vainqueur sur abandon.

 

En 2014, Stan Wawrinka remporte son premier titre du Grand Chelem. © eurosport.fr

L’année 2008 est l’année de la révélation pour Wawrinka. A Rome, il atteint sa première finale en Masters 1000, où il s’incline ensuite face à Novak Djokovic. Sa finale lui permet cependant d’entrer dans le top 10 pour la première fois de sa carrière. Puis aux Jeux Olympiques, malgré un parcours décevant en simple, Wawrinka décroche la médaille d’Or en double, aux côtés de Roger Federer. Une consécration bienvenue pour un joueur qui a souvent été relayé au second plan, derrière son compatriote. En 2014, le Suisse décroche enfin son premier titre du Grand Chelem à l’Open d’Australie, après avoir battu le n°1 mondial, Rafael Nadal. Puis Wawrinka réalise son seul vrai rêve au tennis : remporter la Coupe Davis. On se souvient évidemment de la finale face à la France, à Lille, qui avait été agitée par de multiples scandales. En 2015, Stan remporte Roland-Garros, une nouvelle fois face au numéro 1 mondial, qui est cette fois-ci Novak Djokovic. Puis l’année passée, c’est à l’US Open que le Suisse remporte le trophée, toujours face à Djokovic. Il décroche ainsi son quinzième titre ATP.

 

Un jeu très complet

 

Longtemps resté dans l’ombre de Roger Federer, longtemps considéré comme le « deuxième Suisse », Wawrinka est aujourd’hui un joueur reconnu à part entière. Et même s’il est bien loin du palmarès de Federer, le Vaudois n’a pas à rougir de son jeu. Travailleur acharné, Wawrinka dispose d’un jeu très complet, même s’il lui reste encore une marge de progression. Quand on pense à Stan, la première chose qui nous vient est évidemment son revers qui est, sans aucun doute, le plus beau du circuit. Impossible en effet de rester indifférent devant un de ses revers long de ligne, quand l’ajustement est parfait et que le bras part si vite qu’on est obligé d’attendre le ralenti pour être sûr qu’il a bien tapé dans la balle. Pourtant, ce n’est pas la seule arme de son arsenal, loin de là. Au fur et à mesure des années, le Vaudois a su améliorer sa technique de coup droit, le transformant en un coup d’une puissance incroyable, capable de laisser sur place n’importe quel adversaire. Stan peut aussi compter sur un service extrêmement précis, qui lui permet de claquer de nombreux aces. Doté d’un mental de guerrier et d’une excellente condition physique qui lui permet de tenir les matches les plus longs, Wawrinka se révèle très dangereux sur toutes les surfaces, même si le gazon sert un peu moins bien son jeu. Son plus gros défaut, c’est son irrégularité. Parce que Stan Wawrinka, c’est le genre de joueur capable de gagner un Grand Chelem un jour, puis de perdre au premier tour d’un ATP 250 face à 130e mondial la semaine d’après. C’est un habitué des fautes directes, ce qui lui a souvent coûté des victoires contre des joueurs comme Andy Murray ou Kei Nishikori, qui ont un jeu plutôt défensif et s’appliquent à pousser leurs adversaires à la faute.

 

Le revers de Wawrinka est sans doute le plus beau du circuit. © nytimes.com

Aujourd’hui, Wawrinka est capable de battre n’importe quel joueur du circuit. Pourtant, il ne se considère toujours pas comme un membre du Big Five. Malgré ses nombreux accomplissements, il a toujours besoin de renouveler sa confiance en lui et ne se lasse jamais de travailler. Et quand on lui demande s’il commence à songer à la place de numéro 1 mondiale, qui pourrait être à porter de main si Djokovic ou Murray perdaient en intensité, Wawrinka surprend. « Je suis un numéro 3 très loin du 2e. » déclarait-il il y a peu, confirmant si nécessaire l’humilité dont il fait preuve depuis le début de sa carrière. Pourtant, avec un peu plus de régularité dans ses résultats, le Suisse pourrait tout à fait prétendre au titre.

 

2017 : l’année de Wawrinka ?

Le Suisse a plutôt bien démarré l’année. Après une demi-finale à Brisbane et à l’Open d’Australie et une élimination au premier tour du tournoi de Dubaï, Wawrinka s’est offert cette semaine sa première finale de l’année au Masters 1000 d’Indian Wells, ce qui nous laisse plutôt confiant pour le tournoi de Miami, malgré sa défaite contre Roger Federer. D’autant que pour la première fois de sa carrière, Stan sera tête de série n°1, avec les forfaits de Murray et Djokovic. Par la suite, on le voit bien faire une très bonne saison sur terre battue et notamment à Roland-Garros, avec pourquoi pas un quatrième Grand Chelem à la clé. On sait que Stan aime les grands rendez-vous et qu’il est souvent plus efficace en Grand Chelem que dans les autres tournois. En revanche, on n’y croit pas trop pour Wimbledon, où Wawrinka a toujours du mal à se démarquer. Une qualification pour l’ATP World Tour Finals est évidemment attendue, et on aimerait le voir faire une meilleure performance que l’année passée, où il n’avait gagné qu’un seul de ses trois matches de groupe. Quoiqu’il en soit, Wawrinka nous a habitué à un titre majeur par an et on espère bien que cette « tradition » va se poursuivre cette année avec, pourquoi pas, une progression au deuxième rang mondial si Djokovic ne parvient pas à retrouver son niveau de l’année dernière !

 

Alizée Villeroy

Alizée Villeroy

Étudiante en sciences qui s’est trompée de chemin, amoureuse du sport et du revers de Stan Wawrinka, qui l’a d’ailleurs rendu accro au tennis. Ne peut s’empêcher de commenter un match à voix haute même s’il se déroule à l’autre bout du monde.

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