Toronto : Novak Djokovic retrouve le sourire à l’aube des JO

Un mois après son échec retentissant au troisième tour de Wimbledon, Novak Djokovic n’a pas eu le temps de douter très longtemps avant de retrouver le chemin du succès. Sans briller, il a imposé sa loi au circuit à Toronto. Une fois de plus. Victorieux au Canada, le Serbe peut s’envoler vers Rio l’esprit léger. Après Roland-Garros, il tentera cette fois d’aller au bout de son rêve olympique.

 

Novak Djokovic a remporté son 30ème Masters 1 000 à Toronto. © Rogers Cup

 

On avait quitté Novak Djokovic, la tête baissée, hagard, le regard dans le vide, sur le court No. 1 de Wimbledon. A la stupeur générale, le Serbe avait pris la porte dès le troisième tour à Church Road, sorti par un solide Sam Querrey. Sonné par ce revers inattendu et brutal après l’euphorie de sa victoire à Roland-Garros, le No. 1 mondial a pris le temps de souffler pour remettre la machine en marche. Il faut dire que c’était la première fois qu’il disparaissait aussi tôt d’un tournoi du Grand Chelem depuis Roland-Garros 2009. Histoire de rendre la pilule plus difficile à avaler, Novak Djokovic a également vu sa série de 30 victoires consécutives en Grand Chelem s’arrêter à Wimbledon, l’empêchant de réaliser un éventuel Grand Chelem calendaire.

Après ce coup d’arrêt, Novak Djokovic s’est remis en scelle au Masters 1 000 de Toronto, rampe de lancement idéale vers les Jeux Olympiques de Rio. Le tournoi canadien se présentait sous les meilleurs auspices pour le Serbe puisque de nombreux cadors avaient fait l’impasse sur Toronto dans l’optique des JO. Ainsi, Roger Federer, Andy Murray et Rafael Nadal avaient renoncé à se rendre au Canada juste avant l’échéance olympique. Toutefois, le natif de Belgrade a éprouvé quelques difficultés lors de son entrée en lice dans la ville du rappeur Drake.


Une reprise en demi-teinte après le séisme de Wimbledon

 

Opposé à Gilles Müller pour son retour à la compétition, Novak Djokovic n’a réussi à faire la différence qu’en fin de set à chaque fois. Dans la deuxième manche, le Serbe a même été contraint d’aller jusqu’au tie-break. Cependant, le patron du circuit n’a pas tremblé face au Luxembourgeois dans le money-time pour conclure la rencontre en deux sets serrés.

Dans la foulée de cette entrée en matière assez poussive, Novak Djokovic est tout de suite monté en régime pour se défaire aisément de Radek Stepanek, le séducteur de ces dames parmi les joueuses de la WTA. Sur sa lancée, le Serbe a serré le jeu pour éliminer un autre Tchèque en la personne de Tomas Berdych. Même en faisant le strict minimum sur le court, le No. 1 mondial n’a pas eu à puiser dans ses réserves pour rallier le dernier carré. Et il fallait mieux être en pleine possession de ses moyens pour affronter l’homme en forme du moment : Gaël Monfils.


Un 30ème Masters 1 000 pour préparer les JO

 

Après ses déboires qui l’ont empêché de défendre ses chances à Roland-Garros et Wimbledon, le Français a débarqué en Amérique du Nord dans le brouillard, sans trop savoir où il en était. Pourtant, bien lui en a pris de traverser l’Atlantique. En une dizaine de jours, le Parisien a remporté le plus beau titre de sa carrière à Washington, son premier ATP 500 et enchaîné neuf victoires consécutives, notamment contre David Goffin et surtout Milos Raonic, finaliste du dernier Wimbledon. Pas mal pour un revenant…

Malgré la forme éclatante de Gaël Monfils, Novak Djokovic n’a connu aucune difficulté pour sortir sèchement le Français en deux petits sets. En finale, le Serbe a fait preuve d’une maîtrise similaire contre Kei Nishikori. Toutefois, le Japonais a fait passer quelques sueurs froides sur le front du vainqueur de Roland-Garros en parvenant à refaire son retard dans le deuxième set. Après avoir passé un sale quart d’heure, Novak Djokovic s’est repris en allant chercher le service de Kei Nishikori avant d’aller chercher la victoire sur son service. A Toronto, le Serbe a glané son septième titre de l’année et empoché son 30ème Masters 1 000, le quatrième au Canada (deux à Toronto et deux à Montréal). En cinq matches, le No. 1 mondial n’a pas concédé le moindre set. Désormais, il peut partir sereinement à l’assaut de l’or olympique à Rio.


Roger Federer tire un trait sur 2016

 

Aux Jeux Olympiques, Novak Djokovic a connu la joie et la déception. Le Serbe a décroché le bronze à Pékin en 2008 tandis que le podium lui a échappé quatre ans plus tard à Londres, alors qu’il était l’un des favoris, en s’inclinant face à Juan Martin Del Potro dans le match pour la troisième place. Toutefois, les dieux du tennis semblent avec lui en cette année olympique. Et pour cause, le tableau du simple est amputé de la plupart des ténors du tennis mondial.

Le début du Masters 1 000 de Toronto a d’ailleurs été « endeuillé » par la bombe lâchée par Roger Federer. Le Suisse a annoncé son forfait pour les JO en raison de son genou, opéré après l’Open d’Australie. Il a également annoncé la fin de sa saison. Le coup est rude pour celui qui n’avait jamais manqué une échéance majeure depuis le siècle dernier… avant Roland-Garros cette année. Pour jouer encore quelques saisons, le Bâlois a préféré jouer la carte de la prudence. Il manquera donc les JO, l’US Open et le Masters. Son retour à la compétition est programmé en janvier 2017 à l’occasion de la Hopman Cup.

La déception est d’autant plus grande puisque le champion olympique 2008 (en double avec Stan Wawrinka) restait sur une demi-finale à Wimbledon. Toutefois, il avait lourdement chuté durant cette rencontre face à Milos Raonic. Le Suisse avait mis de longues secondes pour se relever, suscitant de nombreuses inquiétudes. Elles se sont confirmées à une dizaine de jours du début des Jeux Olympiques. L’absence de Roger Federer vient s’ajouter à celles de Tomas Berdych et Milos Raonic. Le Tchèque et le Canadien ont décidé de faire l’impasse sur Rio en raison du virus Zika qui sévit au Brésil.

 

Roger Federer après sa chute lors de sa demi-finale sur le Centre Court. © Wimbledon


Les Français dans les pas de Nicolas Massu ?

 

Il ne reste plus qu’à espérer que Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils, Gilles Simon et Benoît Paire, les Français alignés à Rio, parviennent à pimenter le scénario du tournoi olympique qui semble déjà écrit à l’avance. Si rien ne semble pouvoir empêcher une finale entre Novak Djokovic et Andy Murray, attention aux surprises… En 2004, alors que Roger Federer était le grand favori pour le titre olympique, c’est… le Chilien Nicolas Massu, 14ème mondial, qui s’était imposé à Athènes ! Novak Djokovic et Andy Murray sont prévenus…

Maxence Fabrion

Maxence Fabrion

Rédacteur chez La Petite Balle Jaune
Journaliste en formation. Drogué au sport. Inconditionnel de la petite balle jaune. A eu la chance de grandir avec les coups légendaires et les exploits homériques de Roger Federer. Objectif mais pas trop. Envie de voyager aux quatre coins du globe.
Maxence Fabrion