[RIO 2016] Murray en or massif

Enfin !!!! Après une semaine acharnée de compétition, le tournoi olympique de tennis, en simple, atteint son point d’orgue. La finale des jeux olympiques, dans un stade plein, en session nocturne; un beau match se profile.

 

Murray en or massif

Murray prend la pose.  © Live Tennis

 

Les deux athlètes à pouvoir encore rêver de l’or olympique sont l’écossais Andy Murray, tenant du titre, et l’argentin Juan Martin Del Potro. Le premier nommé est successivement venu à bout en 2 sets de Viktor Troicki puis de Juan Monaco. En huitièmes ainsi qu’en quarts de finale, le récent vainqueur de Wimbledon a dû batailler à chaque fois en 3 sets, respectivement contre Fabio Fognini et Steve Johnson. En demi-finale, il a assez largement dominé le japonais Kei Nishikori pour accéder à sa deuxième finale olympique consécutive.

De son côté, l’argentin, eu égard à son classement, est sorti d’un parcours XXL afin d’avoir le privilège de disputer le dernier match du tournoi olympique. Au premier tour il s’est défait en deux tie-breaks de l’incontestable numéro un mondial, Novak Djokovic, excusez du peu ! Performance on ne peut plus admirable… L’exploit n’est pas resté sans lendemain puisqu’il éliminait dans des matchs pièges Joao Sousa puis le japonais Taro Daniel afin de se qualifier pour les quarts de finale. Stade du tournoi auquel il élimina le dix-septième mondial, Roberto Bautista Agut en deux sets. Vint ensuite, son deuxième exploit majuscule de sa semaine; la victoire en demi-finale face à l’espagnol Rafael Nadal. Voilà le miraculé argentin qualifié pour la finale, avec à la clé une deuxième médaille après le bronze obtenu en 2012. La seule incertitude correspondait au métal de cette breloque.
 
Andy Murray possède à l’entame du match d’un avantage psychologique, moindre mais réel sur son adversaire du jour, puisqu’il mène 5-2 dans leurs face-à-face. Ce dernier est significatif car leurs confrontations ont eu lieu durant la période où Del Potro n’était pas blessé.
Cependant, les fans de l’argentin pouvaient à l’approche de cette finale se réfugier derrière le résultat de la dernière rencontre, qui avait eu lieu en quart de finale du Masters 1000 d’Indian Wells 2013. En effet, la Tour de Tandil s’était imposé en 3 sets (6-7/6-3/6-1).

 

UN PREMIER SET QUI TIENT SES PROMESSES

 

Le premier set est extrêmement disputé comme attendu. Pas de round d’observation entre deux top players vainqueurs de grands chelem. Les quatre premiers jeux sont âprement disputés et durent plus d’une demi-heure. 3 breaks sont ainsi réalisés durant ce laps de temps; deux pour l’écossais et un pour le 141ème joueur mondial.

Exceptionnel quand on connait la qualité de service naturelle de Del Potro ainsi que celle moins impressionnante mais tout aussi efficace de l’écossais. Dans ce schéma de jeu, il avait été clairement au-dessus de Nishikori en demi-finale. A l’inverse leurs qualités de relanceurs ne sont plus à démontrer. En sa qualité de numéro 2 mondial, Murray fait figure de co-meilleur relanceur de la planète tennis en compagnie de Djokovic. C’est ainsi que dans ce set inaugural il gène énormément Del Potro à la relance. Il se procure 6 balles de break dans cette seule manche face à un serveur de la trempe du Sud-Américain. Assez bluffant, le niveau de jeu de Murray, qui n’est pas sans rappeler celui atteint il y a un mois et demi lors de Wimbledon lorsqu’il avait inscrit son nom pour la seconde fois au palmarès du mythique club du All England Lawn Tennis and Crocket Club.

La suite sera légèrement plus tranquille pour les serveurs, légèrement, car Del Potro va refaire son retard et ainsi revenu à quatre jeux partout. Cependant, le money time va être fatal à l’argentin qui cède avant le tie-break (7-5).

D’aucuns spécialistes de tennis pensent qu’au regard de la fraîcheur physique, l’argentin a perdu en 1h15 une manche qui pourrait lui être fatale, étant donné qu’il a passé 3h12 de plus sur les terrains olympiques que son adversaire.

 

L’ARGENTIN NE LÂCHE RIEN…

 

Le deuxième set revêt donc une importance capitale surtout pour le phénix argentin. Juan Martin Del Potro ne semble pas résigné, il faut dire qu’il est tellement solide mentalement, qu’il réalise dès le premier jeu le break sur sa troisième occasion. L’argentin retrouve alors sa solidité au service qui avait si bien fonctionné notamment contre Rafael Nadal en demi-finale. En usant de son coup droit si puissant et en alternant les revers slicés et les revers liftés, le vainqueur de l’US Open 2009 commet beaucoup moins de fautes directes (10 contre 19 lors du set inaugural). Si bien que malgré ses assauts répétés et sa variation dans les différents coups, le numéro deux mondial ne parvient pas à faire son retard et s’incline 6-4.

 

Un set partout; tout est à refaire pour les deux joueurs. Ils se rendent coups pour coups, remportant tour à tour leurs engagements jusqu’au sixième jeu, bien que l’intensité ait légèrement baissé depuis le milieu du deuxième set. C’est le moment que choisit Andy Murray pour breaker, il faut le dire, bien aidé par les fautes de l’argentin, qui « donne » le jeu sur une grosse faute en coup droit.
L’argentin fait durant ce set deux fois plus de fautes directes que son adversaire (12 contre 6 seulement pour Murray). Alors que le finaliste sortant de l’Open d’Australie et de Roland Garros semble de plus en plus serein, le miraculé argentin concède de nouveau sa mise en jeu alors qu’il sert pour rester dans le set (6-2). Del Po’ semble marquer le pas. Il faut dire qu’il a enchainé les matchs durant cette semaine en simples mais aussi en doubles, associé à son compatriote Maximo Gonzalez.

La quatrième manche commence exactement comme le deuxième set; à savoir par le break de celui qui est désormais mené deux sets à un. Mais la réaction du champion écossais ne se fait pas attendre: débreak immédiat. 1-1. Murray n’est pas forcément serein puisqu’il commet dans ce jeu deux doubles fautes. Del Potro se procure une balle de break qu’il convertit en effectuant une volée jouée au corps par le britannique.
Ce set est assez fou, car aucun ne parvient pas à conserver son engagement. 4 breaks en 4 jeux: assez inhabituel dans le tennis masculin. Juan Martin Del Potro a de plus en plus de mal à tenir les échanges.

 


Une statistique importante : cela fait deux ans que Del Potro n’a plus gagné cinq matchs consécutifs.


 

Murray choisit ce moment pour repasser devant et mener 3 jeux à 2. L’accumulation des matchs n’aidant pas, Del Potro fait appel au kiné avant de servir. Peut-être quelques tiraillements au niveau de son poignet. L’argentin l’avait dit lors de son retour il y a quelques mois, qu’il faudrait du temps avant qu’il ne ressente plus aucune douleur; logique que cette dernière réapparaisse avec l’enchaînement des matchs.
Les jeux se suivent et se ressemblent… L’outsider argentin profite de nouveau de ses retours puissants pour refaire le break et ainsi mener 4-3. Mais contrairement à ce qui se passait depuis le début du set, il parvient à confirmer son break. Alors qu’il sert pour disputer une dernière manche décisive, l’argentin doit écarter quatre balles de débreak. Malgré son abnégation, il craque sur la dernière, permettant ainsi au natif de Dunblane de se rapprocher de l’épilogue de ce blockbuster. Le match qui atteint des sommets tennistiques entre dans une dramaturgie que seuls les grands matchs peuvent nous proposer.

 

A 5-5, l’argentin peut avoir quelques regrets car il se procure 2 balles de break sauvées autoritairement par l’écossais. Voilà Juan Martin Del Potro qui sert, après quasiment quatre heures de match, pour ne pas perdre cette finale et a contrario pour pouvoir disputer un tie-break.

Après avoir sauvé une balle de match, le numéro 144 au classement ATP s’incline sur la deuxième balle de match en faveur de l’écossais. Un revers dans le filet le prive de ses rêves de titre olympique. Andy Murray devient le premier joueur, depuis la réintroduction du tennis aux JO en 1984, à conserver son titre. Ce match nous promet de belles empoignades dans la seconde partie de la saison.

  
  

Yann Mazet

Yann Mazet

Apprenti juriste accro au sport. Tennis Addict pouvant se lever à toute heure de la nuit pour suivre n'importe quel match.
Yann Mazet

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