Roland-Garros s’éveille…

Le tournoi principal du Grand Chelem parisien débute le dimanche 22 mai, mais Roland-Garros vibre déjà au rythme de la petite balle jaune. Dès le lundi 16 mai, les qualifications ont donné le coup d’envoi de trois semaines de compétition et d’émotions. Entre premières sensations et derniers ajustements avant le « Sunday Start », le stade chavire progressivement dans l’effervescence d’un tournoi du Grand Chelem.

 

La semaine des qualifications réveille le stade. © Maxence Fabrion

 

Point de queue interminable à l’entrée, des allées (très) légèrement bondées, des stands encore en construction… Roland-Garros sort de son sommeil. Déjà, les balles résonnent dans l’enceinte du stade. La plupart des courts annexes sont réquisitionnés pour les qualifications tandis que les courts principaux, le Philippe-Chatrier, le Suzanne-Lenglen ou encore le No. 1, accueillent les premiers entraînements des cadors du circuit. Six jours avant le lancement « officiel » du tournoi, les qualifications donnent le ton de la quinzaine à suivre. Chez les messieurs, ils sont 128 sur la ligne de départ. Seulement 16 d’entre eux intégreront le tableau final. Du côté des dames, elles sont 96 pour seulement 12 places dans le grand tableau.


Deux villes dans le stade

 

Contrairement à la quinzaine au cours de laquelle l’ensemble du stade est accessible au public, Roland-Garros est coupé en deux lors des qualifications. Rassurez-vous, il n’est pas question ici de superstition ou de règle historique digne de nos voisins d’outre-Manche à Wimbledon… mais tout simplement d’une organisation du site pour effectuer les derniers travaux à l’approche du grand jour : le « Sunday Start », le jour du lancement du tournoi principal, soit le dimanche 22 mai pour cette édition 2016.

Pendant que la moitié du stade commence à se passionner pour les qualifications, l’autre moitié ne cesse de s’activer afin que tout soit prêt, dans les moindres détails, pour le début du tableau final. Positionnée devant le court Philippe-Chatrier, la barrière centrale du stade, montée à l’aide de trois grandes bâches (Q, R, G) et de deux contrôles de sécurité, masque une partie de Roland-Garros à laquelle le public n’a pas accès. Pour y circuler, obligation d’avoir une accréditation. Mais que se cache-t-il dans la seconde ville de Roland-Garros ?

Par rapport au secteur ouvert au public, où les spectateurs enchaînent les matches au même rythme que les glaces Häagen-Dazs, l’autre partie de Roland-Garros se fait plus discrète. Seuls le staff de la FFT, les employés du stade et les médias se côtoient dans un espace assez vaste, qui devient rapidement beaucoup plus petit dès le début du tournoi principal.

 

Pendant les qualifications, une partie du stade est fermée au public. © Maxence Fabrion

 

Prise de contact avec l’ocre

 

En attendant le dimanche 22 mai, ce n’est pas la foule des grands jours. Cependant, il n’est pas impossible de croiser quelques têtes de série, à l’image de Richard Gasquet qui a été l’un des tous premiers à fouler la terre du Central le lundi 16 mai. L’occasion de lui dire bonjour en toute tranquillité car ce sera différent dès le début du tournoi quand des hordes de gamins se mettront à le chasser dans le stade pour avoir un autographe ou un selfie. Pour le reste, pas un chat ou presque aux alentours des vestiaires des joueurs. Au fil de la semaine, les cadors du circuit vont progressivement prendre leurs quartiers dans le stade. Cette année, les projecteurs seront braqués sur Novak Djokovic, No. 1 mondial, triple finaliste sur la terre battue parisienne et vainqueur à Madrid, Rafael Nadal, nonuple lauréat Porte d’Auteuil et vainqueur à Monte-Carlo, et Andy Murray, victorieux à Rome. Toutefois, les Suisses Stan Wawrinka et Roger Federer, respectivement tenant du titre et vainqueur de l’édition 2009, seront également à surveiller. Ce sont les seuls qui sont parvenus à inscrire leur nom au palmarès du tournoi entre les neuf victoires de Rafael Nadal.

Au centre de presse du court Philippe Chatrier, situé dans la galerie de la tribune Jean-Borotra, ce n’est pas la bousculade. Les couloirs sont vides, les cabines radio et les salles d’interview également. Avant le « Sunday Start », Roland-Garros est un peu comme un enfant qui veut prolonger son sommeil alors que le réveil a sonné depuis cinq minutes. A peine quatre ou cinq journalistes s’attardent sur les matches du jour ou préparent la quinzaine, chacun à sa manière. Certains viennent prendre la température de Roland en se plongeant dans les qualifications, d’autres viennent simplement pour s’imprégner de l’endroit et prendre leurs repères dans cette ville dans la ville.

Quelques-uns de nos confrères se rendent en tribune de presse pour admirer la vue imprenable sur le court central… et prendre un selfie. Pendant ce temps, les espoirs du tennis français tapent la balle sous l’œil bienveillant de Guy Forget, le nouveau patron du tournoi. Dès le lundi 16 mai, il était en tribune présidentielle pour observer les forces en présence du tennis tricolore. Qu’il se rassure, son premier tournoi en tant que directeur de Roland-Garros s’annonce sous de bons auspices. Et pour cause, sept Français seront têtes de série dans le tableau du simple messieurs. C’est une première dans l’ère Open.

 

Les joueurs s’entraînent sur le court Philippe-Chatrier avant le tournoi. © Maxence Fabrion

 

La course contre la montre des petites mains du stade

 

Roland-Garros, ce sont les joueurs, les entraîneurs, les arbitres, les ramasseurs de balles… mais aussi toutes les petites mains qui travaillent à l’abri des regards. Si les qualifications ont débuté depuis lundi, ce n’est pas pour autant que les employés du stade ne s’activent pas en coulisses. Bien au contraire. Dans la partie interdite au public, le personnel s’agite dans tous les sens pour construire les stands des sponsors et approvisionner les boutiques du stade. Les allées sont remplies de camions et de cartons. Derrière le court No. 1, le village VIP commence à prendre forme. Durant la quinzaine, il accueillera les « people » et les grandes entreprises.

 

Le personnel du stade s'active à quelques jours du « Sunday Start ». © Maxence Fabrion

Le personnel du stade s’active à quelques jours du « Sunday Start ». © Maxence Fabrion

 

Du côté de la porte des Mousquetaires, l’entrée principale du stade qui sera prise d’assaut dès dimanche, des dizaines de rangées de barrières attendent d’être installées pour les files d’attente, sécurité oblige, tandis que les palettes de marchandises continuent d’être déchargées à un rythme soutenu devant les boutiques. Au milieu de cette agitation, quelques joueurs s’entraînent dans le calme sous les yeux de leur staff et de quelques photographes, histoire de chauffer l’objectif avant la quinzaine. Doucement mais sûrement, Roland-Garros sort de sa torpeur. La machine infernale du Grand Chelem parisien s’enclenche, elle ne s’arrêtera plus jusqu’au 5 juin.

Maxence Fabrion

Maxence Fabrion

Rédacteur chez La Petite Balle Jaune
Journaliste en formation. Drogué au sport. Inconditionnel de la petite balle jaune. A eu la chance de grandir avec les coups légendaires et les exploits homériques de Roger Federer. Objectif mais pas trop. Envie de voyager aux quatre coins du globe.
Maxence Fabrion