Monte-Carlo : Rafael Nadal, le retour du prince

Quatre ans après son dernier titre à Monaco, Rafael Nadal a retrouvé le chemin de la victoire sur le Rocher. Après deux sets mythiques, le Majorquin a fini par faire dégoupiller Gaël Monfils en finale. C’est son neuvième titre à Monte-Carlo, le 28ème en Masters 1 000. A cinq semaines de Roland-Garros, l’Espagnol a frappé un grand coup. Le Roi de la terre battue est de retour.

 

Rafael Nadal exprime sa rage après sa victoire à Monaco. © Monte-Carlo Rolex Masters

Rafael Nadal exprime sa rage après sa victoire à Monaco. © Monte-Carlo Rolex Masters

 

Depuis sa victoire à Roland-Garros en 2014, Rafael Nadal vivait un enfer. Son année 2015 a été un supplice, malgré une embellie en fin de saison. En 2016, il pensait repartir sur de bonnes bases en atteignant la finale à Doha (défaite contre Novak Djokovic), mais Fernando Verdasco s’est empressé de remettre la tête de son compatriote sous l’eau en le battant en cinq sets au premier tour de l’Open d’Australie. La tournée américaine lui a à peine donné plus de confiance, avec une demi-finale à Indian Wells immédiatement suivie d’un échec dès son entrée en lice à Miami. Dans ce contexte, le Majorquin était très attendu sur sa surface de prédilection : la terre battue.

De retour sur la terre ocre de Monte-Carlo, où il s’est imposé à huit reprises entre 2005 et 2012, Rafael Nadal était loin d’être la favori absolu pour triompher sur le Rocher. Cependant, l’élimination de Novak Djokovic dès son entrée en lice contre Jiri Vesely, modeste 55ème mondial, a ouvert de nouvelles perspectives. Débarrassé de son principal problème à Monaco, Rafael Nadal a tracé sa route pour venir jouer les premiers rôles dans le premier Masters 1 000 de la saison sur terre battue.

Après une prestation solide face à Dominic Thiem, jeune Autrichien talentueux qui pourrait bien bousculer les cadors à Roland-Garros, le Majorquin a frappé un grand coup en écartant facilement Stan Wawrinka, le tenant du titre du Grand Chelem parisien. Pour un joueur en quête de confiance depuis des mois, ce succès face au No. 4 mondial augurait un renouveau victorieux pour l’Espagnol. Présent dans le dernier carré, il n’a pas tardé à confirmer sa bonne forme monégasque contre Andy Murray. D’abord complètement débordé par l’Ecossais, dont le plan tactique a causé bien des misères à l’Ibère, il a su trouver les ressources mentales pour renverser la situation et finalement l’emporter en trois sets. Une victoire au forceps comme il les aime, il n’en fallait pas plus pour relancer la machine espagnole sur terre battue. Après deux succès retentissants face à deux pensionnaires du Top 5, il ne restait plus qu’à confirmer en finale contre un finaliste inattendu : l’imprévisible Gaël Monfils.


Une finale titanesque

 

Bien malin celui qui avait pronostiqué le bon scénario du match ultime du tournoi monégasque… Sur le papier, tout laissait présager une rencontre à sens unique en faveur de Rafael Nadal. Et pour cause, Gaël Monfils est capable du meilleur comme du pire sur un court de tennis. Surtout du pire lorsqu’il joue le dimanche puisqu’il cumulait 18 défaites avant 23 finales avant de disputer sa première à Monte-Carlo. Cependant, contre toute attente, le Français s’est montré sous son meilleur jour lors du match le plus important de la semaine. Les deux premiers sets de la finale ont offert aux spectateurs une bataille terrible et irrésistible entre les deux hommes. Chaque point avait l’apparence d’un combat, chacun se rendant coup pour coup.

Gaël Monfils a de quoi être confiant à l’approche de Roland-Garros, tant il a impressionné par son niveau de jeu et sa capacité à bousculer Rafael Nadal. Sa performance donne encore plus de relief aux propos de Roger Federer. « Je ne comprends pas pourquoi il ne s’est pas installé dans le Top 10 durablement », avait déclaré le Suisse au sujet du Français l’an dernier avant de l’affronter à Roland-Garros. Sa double-faute sur la balle de set de l’Espagnol lors du premier acte lui laissera des regrets, mais il ne s’est pas laissé abattre et a continué à lutter. Les efforts du Tricolore ont même payé avec le gain de la deuxième manche. Ce n’était que justice, mais après deux sets d’anthologie, la réserve physique de Gaël Monfils avait atteint ses limites. A l’usure, Rafael Nadal a fini par venir à bout du Parisien en lui infligeant un cruel 6/0 dans le troisième set. Une conclusion sévère qui ne reflète pas la physionomie d’une rencontre, longtemps incertaine et électrique, qui restera dans les annales.

 

Rafael Nadal a récupéré son bien à Monte-Carlo. © We Are Tennis

Premier titre majeur depuis Roland-Garros 2014

 

La semaine de Rafael Nadal n’a pas été parfaite mais à l’arrivée, le Majorquin s’est offert une immense bouffée d’oxygène. En s’imposant une nouvelle fois à Monte-Carlo, Rafael Nadal s’est offert son 9ème titre sur le Rocher, quatre ans après le dernier, le 68ème de sa carrière et le 48ème sur terre battue, à seulement une unité du record de Guillermo Vilas. Autant dire que l’Espagnol a largement rentabilisé sa 100ème finale sur le circuit. Cerise sur le gâteau, il égale le record de Novak Djokovic avec un 28ème Masters 1 000 dans sa poche alors que le Serbe venait tout juste de le dépasser à Miami. L’Ibère ne s’était plus imposé dans cette catégorie depuis le Masters 1 000 de Madrid en 2014. Une éternité pour un joueur de son calibre. Son succès à Monaco est d’ailleurs son premier titre majeur depuis sa victoire à Roland-Garros il y a deux ans.

Revoir Rafael Nadal à un tel niveau sur sa surface de prédilection est une bonne nouvelle pour le circuit alors que Roland-Garros se profile à l’horizon. Certes, il reste encore beaucoup de travail au Majorquin pour revenir à son meilleur niveau. La pluie de breaks concédés contre Gaël Monfils en est la parfaite illustration. Toutefois, force est de constater qu’il faudra compter avec l’Espagnol à Paris. La saison sur terre battue n’a débuté que depuis une semaine et elle bouscule déjà la hiérarchie. Entre un Rafael Nadal en train de se retrouver et un Gaël Monfils qui peut nourrir de grandes ambitions Porte d’Auteuil, les prochaines semaines s’annoncent savoureuses. Vivement Roland-Garros !

Maxence Fabrion

Maxence Fabrion

Rédacteur chez La Petite Balle Jaune
Journaliste en formation. Drogué au sport. Inconditionnel de la petite balle jaune. A eu la chance de grandir avec les coups légendaires et les exploits homériques de Roger Federer. Objectif mais pas trop. Envie de voyager aux quatre coins du globe.
Maxence Fabrion