Miami : Novak Djokovic, Big One dans le désert

Seul au monde en Floride, Novak Djokovic a achevé son séjour américain comme il l’avait commencé : par une victoire. A Key Biscayne, le Serbe a été bousculé, mais comme toujours, il est reparti avec le trophée sous le bras. Avec un sixième succès à Miami, il est devenu le joueur le plus titré en Masters 1 000 avec un 28ème titre dans cette catégorie, une unité devant Rafael Nadal qu’il venait d’égaler à Indian Wells. Auteur d’un troisième doublé Indian Wells – Miami qui force le respect et la stupéfaction, le No. 1 mondial est plus que jamais au sommet de son art.

 

Novak Djokovic est désormais seul au monde avec 28 Masters 1 000 remportés. © Miami Open

 

Novak Djokovic est indécent. Certains sont en admiration devant la carrière hors du commun qu’il est en train d’accomplir dans l’histoire du tennis en empilant les titres et les records. D’autres se désolent du règne sans partage du Serbe, bien trop seul sur son trône, et du jeu « robotisé » qu’il propose. Presque malgré lui, le No. 1 mondial plombe le tennis masculin et climatise les stades. Les spectateurs ont soif de batailles interminables et homériques, de points spectaculaires, de renversements de situation… Peu importe l’hostilité qui l’entoure, aussi bien dans les vestiaires que dans les tribunes, Novak Djokovic est hermétique à la pression. Le Serbe est seul, contraint de faire le solitaire au sommet de son sport. Le Big Four n’est plus, vive le Big One.

Seul, le Serbe l’a été à plus d’un titre à Key Biscayne. Il faut dire que les coups du sort pour lui ouvrir un boulevard, si ce n’est une véritable autoroute, comme la mer Rouge s’ouvrant devant Moïse, ont facilité les choses. Roger Federer malade (gastro-entérite), Rafael Nadal victime d’un coup de chaud, Stan Wawrinka et Andy Murray éliminés dès le début du tournoi… Dans ces conditions, Novak Djokovic était l’archi-favori pour remporter un énième titre. Et ça n’a pas manqué.

Certes, il a légèrement tremblé, notamment contre un David Goffin accrocheur pour valider son ticket pour sa 19ème finale sur les vingt derniers tournois auxquels il a pris part. Cependant, comme à son habitude, le No. 1 mondial a découragé ses adversaires avec son plan de jeu, aussi chirurgical que diabolique. Même Kei Nishikori, finaliste malheureux, s’est cassé les dents sur la muraille serbe. Le Japonais a pourtant tout tenté. Il est même parvenu à prendre le service du patron du circuit à deux reprises dans le premier acte de la finale. Toutefois, cela n’a pas suffi pour enrayer la machine infernale originaire de Belgrade. Emoussé par sa semaine floridienne, Kei Nishikori a marqué le pas dans le deuxième set. Touché au genou gauche en fin de rencontre, le finaliste de l’US Open en 2014 a rapidement abdiqué devant la puissance adverse.


Djokovic dépasse Nadal et… Federer

 

Une nouvelle fois vainqueur à Key Biscayne, Novak Djokovic s’est offert un sixième sacre en Floride, une performance qui lui permet d’égaler le record d’Andre Agassi, également sextuple lauréat à « Magic City ». Plus incroyable encore, le No. 1 mondial a réalisé un troisième doublé consécutif Indian Wells – Miami, le quatrième de sa carrière. Tout simplement unique. Sur la côte Est des Etats-Unis, le Serbe a frappé un grand coup. Et pour cause, après avoir égalé les 27 titres en Masters 1 000 de Rafael Nadal à Indian Wells, le Belgradois a porté l’estocade en ajoutant un 28ème succès dans cette catégorie.

Avec une unité d’avance sur l’Espagnol, Novak Djokovic s’adjuge ainsi un nouveau record. Comme un bonheur ne vient jamais seul, il en a également profité pour battre un autre record, financier cette fois. A 28 ans, le patron du circuit possède désormais le prize-money le plus élevé de l’histoire avec un total atteignant les 86,1 millions d’euros, dépassant ainsi les 85,8 millions d’euros de Roger Federer. C’est un record purement symbolique mais cela vous donne une idée de ce que réalise le Serbe depuis 2011. Après une première partie de saison triomphante, ponctuée de quatre titres (Doha, Open d’Australie, Indian Wells et Miami), Novak Djokovic s’apprête à glisser sur terre battue pour s’attaquer au plus grand défi de sa saison : remporter Roland-Garros.

Maxence Fabrion

Maxence Fabrion

Rédacteur chez La Petite Balle Jaune
Journaliste en formation. Drogué au sport. Inconditionnel de la petite balle jaune. A eu la chance de grandir avec les coups légendaires et les exploits homériques de Roger Federer. Objectif mais pas trop. Envie de voyager aux quatre coins du globe.
Maxence Fabrion