Shanghai : Unstoppable Djoker

Novak Djokovic n’en finit plus d’écœurer ses adversaires. Un mois après son triomphe new-yorkais à l’US Open, le No. 1 a remis la machine infernale en marche en Asie. Victorieux à Pékin, le Serbe a doublé la mise à Shanghai. De quoi aborder sereinement la fin de saison, marquée par le Masters 1 000 de Paris-Bercy et le Masters de Londres.

 

Novak Djokovic a empoché deux titres en Chine. © Shanghai Rolex Masters

 

Jusqu’où ira Novak Djokovic en 2015 ? Alors que l’épilogue de la saison approche, les mots commencent à manquer pour décrire la performance réalisée cette année par le patron du circuit. Un physique solide, des ressources mentales hors du commun, une confiance inébranlable, tels sont les ingrédients qui composent le cocktail gagnant du Serbe. La belle échappée aurait pu s’arrêter brusquement après un nouvel échec traumatisant à Roland-Garros. Il n’en fut rien. Sa victoire à Wimbledon est là pour en témoigner. Et ce ne sont pas ses défaites contre Andy Murray à Montréal puis face à Roger Federer à Cincinnati cet été qui ont changé la donne.

Il est même reparti de plus belle à l’US Open. Seul contre New York, le No. 1 mondial est allé puiser au plus profond de lui-même les ressources nécessaires pour décrocher un deuxième titre à Flushing Meadows. Le deuxième après celui remporté en 2011, année de son explosion au sommet de l’ATP au cours de laquelle il avait glané trois tournois du Grand Chelem. Bis repetita en 2015. Mais il y a quatre ans, le natif de Belgrade était totalement passé à côté de sa fin de saison, complètement lessivé après une année couronnée de succès mais éprouvante physiquement et mentalement. Cette fois, le Djoker a bien l’intention de finir 2015 en beauté. Et au regard de sa tournée asiatique, il semble prêt pour aborder les deux dernières échéances majeures d’une saison d’ores et déjà stratosphérique, quoi qu’il puisse advenir à Paris et à Londres.


22 sets consécutifs depuis la finale de l’US Open

 

En Asie, Novak Djokovic a écrasé ses adversaires. Il suffit de jeter un œil aux scores de ses démonstrations à Pékin puis à Shanghai pour se faire une idée : 6/1 – 6/1 – 6/2 – 6/1 – 6/2 – 6/2 – 6/2 – 6/3 – 6/2 – 6/2 – 6/2 – 6/1 – 6/2 – 6/3 – 7/6 (6) – 6/1 – 6/1 – 6/3 – 6/2 – 6/4. Hormis un malheureux jeu décisif disputé contre Bernard Tomic à Shanghai, le Serbe a littéralement écœuré ses opposants. Depuis son set concédé en finale de l’US Open contre Roger Federer, le Belgradois est actuellement sur une impressionnante série de 22 sets consécutifs. Rafael Nadal, Andy Murray ou encore Jo-Wilfried Tsonga ont essayé de le bousculer, mais à chaque fois, ils ont mordu la poussière.

Les deux derniers joueurs à avoir défié Novak Djokovic en finale, Rafael Nadal à Pékin et Jo-Wilfried Tsonga à Shanghai en l’occurrence, n’ont pas démérité. Bien au contraire. Mais à chaque fois, leur inconstance et leur fébrilité se sont heurtées au réalisme implacable du Serbe. Sur le court, le No. 1 mondial dégage une déconcertante impression de facilité. Il faut dire que réussir à faire douter le Djoker relève de l’exploit cette saison. Sur un nuage depuis un an, le patron du circuit profite de la moindre ouverture pour s’engouffrer dans la brèche et ainsi éteindre les derniers espoirs de ses adversaires. C’est simple, Novak Djokovic est juste injouable actuellement. Invaincu en Asie, il est reparti vers l’Europe avec deux titres et dix victoires consécutives dans ses bagages.


73 victoires, 13 finales, 9 titres en 2015

 

Un coup d’œil aux statistiques de sa saison phénoménale suffit pour prendre conscience de la performance réalisée par le métronome serbe. 73 victoires contre seulement 5 défaites, 13 finales en 14 tournois disputés, neuf titres remportés, dont trois tournois du Grand Chelem (Open d’Australie, Wimbledon et US Open)… Les chiffres de Novak Djokovic donnent le vertige. Dans les Masters 1 000, il se montre même quasiment intouchable cette année. Sur les sept Masters 1 000 auxquels il a participé, il est allé en finale à sept reprises. Victorieux à Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Rome et Shanghai, le natif de Belgrade n’a concédé que deux revers. C’était cet été aux Etats-Unis, à Montréal et à Cincinnati. Il ne lui reste plus qu’à atteindre la finale à Paris pour boucler la boucle. Et pour cause, le No. 1 mondial ne s’est pas rendu à Madrid avant Roland-Garros. Mais qu’importe, l’essentiel est ailleurs. Le Djoker compte, en effet, plus de 8 000 points d’avance sur Andy Murray, son dauphin au classement ATP. Stupéfiant.

Avec 14 285 points à la Race, Novak Djokovic marche sur les pas de Roger Federer, auteur d’une saison historique en 2006. Le Serbe a encore l’occasion de faire mieux que le Suisse cette saison. Pour cela, il devra se montrer impérial à Paris-Bercy puis à l’O2 Arena de Londres. Un sacré défi mais loin d’être insurmontable pour celui qui domine outrageusement le circuit depuis le début de l’année. Habitués à briser les rêves du Djoker, Roger Federer et Stan Wawrinka ont bien l’intention de contrarier les desseins du No. 1 mondial. Seul contre tous, une fois de plus, le protégé de Boris Becker s’apprête à jeter ses dernières ressources physiques et mentales dans la bataille. Un dernier combat pour une dernière ligne droite explosive.

Maxence Fabrion

Maxence Fabrion

Rédacteur chez La Petite Balle Jaune
Journaliste en formation. Drogué au sport. Inconditionnel de la petite balle jaune. A eu la chance de grandir avec les coups légendaires et les exploits homériques de Roger Federer. Objectif mais pas trop. Envie de voyager aux quatre coins du globe.
Maxence Fabrion