Montréal : Andy Murray brise la malédiction

Incapable de battre Novak Djokovic depuis 2013, Andy Murray a conjuré le sort en prenant le meilleur sur le patron du circuit en finale du Masters 1 000 de Montréal. Un succès qui vient récompenser sa collaboration avec Amélie Mauresmo, désormais jeune maman. A deux semaines de l’US Open, le Britannique a marqué les esprits.

 

Andy Murray savoure son succès à Montréal. © Coupe Rogers présentée par Banque Nationale

 

25 mois, c’est le temps qui s’était écoulé depuis la dernière victoire d’Andy Murray contre Novak Djokovic. Une éternité. C’était en 2013 à Wimbledon, et à l’époque, l’Ecossais avait écoeuré le Serbe en trois sets. Depuis, le néant. Ces deux dernières années, le Djoker a systématiquement battu le Britannique, huit fois en huit rencontres, dont quatre cette saison. A l’Open d’Australie, Indian Wells, Miami et Roland-Garros, Andy Murray a donné du fil à retordre au No. 1 mondial, mais sans jamais réussir à le battre. Au Canada, le protégé d’Amélie Mauresmo a inversé la tendance. Enfin.

Une victoire qui concrétise le retour du Britannique au premier plan

 

Affûté physiquement et insubmersible mentalement, il a donné le sentiment de disposer d’une sérénité implacable. Bien loin du joueur encore fragile, qui tardait à revenir à son meilleur niveau depuis son opération du dos fin 2013, l’Ecossais a retrouvé le sourire au Canada. Son physique ne l’abandonne plus, comme cela a été souvent le cas ces dernières années, et son mental n’est plus digne du Titanic. Sur le retour l’an passé, Andy Murray a appuyé sur l’accélérateur cette saison en disputant une finale de Grand Chelem à Melbourne, perdue en quatre manches contre Novak Djokovic. Dans la lignée de cette performance encourageante, le Britannique a poursuivi en réalisant une belle tournée américaine, avec une demi-finale à Indian Wells et une finale à Miami, battu à chaque fois par le No. 1 mondial.

Sur la pente ascendante, le protégé d’Amélie Mauresmo a même eu le déclic sur terre battue, une surface sur laquelle il n’avait jamais brillé auparavant. Quelques semaines après son mariage, il a ainsi étonné le circuit en s’imposant à Munich, et surtout, à Madrid, en battant Rafael Nadal. Certes, l’Espagnol n’est pas au mieux en ce moment mais le vaincre sur sa surface de prédilection n’a rien d’anodin. D’autant plus qu’il a posé bien des problèmes à Novak Djokovic sur la terre battue de Roland-Garros, en poussant le Serbe jusqu’au cinquième set avant de finalement s’incliner en deux jours. En confiance, il ne s’est pas arrêté en si bon chemin avec une victoire au Queen’s et une demi-finale à Wimbledon, où il n’a rien pu faire face à un Roger Federer éblouissant. Avant de profiter de sa coupure estivale bien méritée, il a même porté la Grande-Bretagne sur ses épaules en Coupe Davis face aux Français pour qualifier son pays pour les demi-finales de la compétition internationale.

Trois heures et un jeu de 18 minutes pour vaincre Novak Djokovic

 

Et après un faux-départ à Washington, sorti dès son entrée en lice par Teymuraz Gabashvili, le Britannique s’est rattrapé de la meilleure des manières à Montréal. Bien que le tournoi canadien ait été marqué par l’affaire Nick Kyrgios, coupable de propos insultants à l’encontre de Stan Wawrinka en plein match (l’Australien avait lâché : « Kokkinakis a couché avec ta copine. Désolé de te le dire, mec »), Andy Murray s’est, quant à lui, illustré par une semaine bien maîtrisée. Pour rallier la finale, l’Ecossais n’a pas traîné, en expédiant notamment Jo-Wilfried Tsonga et Kei Nishikori. Pour autant, le plus dur restait à faire : vaincre Novak Djokovic.

Ce fut compliqué mais le Britannique n’a jamais abdiqué. C’est son grand mérite. Il faut dire qu’il fallait au moins ça contre Novak Djokovic. Le No. 1 mondial restait, en effet, sur une incroyable série de 30 victoires consécutives en Masters 1 000, couronnées de cinq titres dans cette catégorie depuis l’automne dernier (Bercy, Indian Wells, Miami, Monte-Carlo et Rome). Pour faire redescendre le Belgradois sur terre, l’Ecossais a ainsi eu besoin de trois heures de jeu et trois sets. Dans ce combat épique, il a pris le meilleur départ en empochant la première manche. Mais c’était sans compter sur le retour, presque inévitable, du Djoker dans le deuxième set. Lors de la manche ultime, les deux hommes ont haussé leur niveau de jeu d’un cran pour se rendre coup pour coup.

Le bébé d’Amélie Mauresmo en prime

 

Un vrai combat de boxe illustré par un jeu interminable de 18 minutes. Avec un break d’avance, le Britannique a plié devant les assauts répétés du Serbe, pour combler son retard, mais n’a pas rompu. Ecœuré, Novak Djokovic a fini par rendre les armes. Un tournant qui a définitivement lancé Andy Murray vers son troisième titre au Canada, son 11ème en Masters 1 000. Jusque-là, seuls Ivo Karlovic, Roger Federer et Stan Wawrinka avaient réussi l’exploit de vaincre le Djoker cette saison. En plus d’ajouter un 35ème trophée à son palmarès et de battre enfin son rival serbe, le Britannique grimpe d’une marche sur le podium de l’ATP, en passant devant Roger Federer au classement pour devenir le nouveau dauphin du vainqueur de Wimbledon. Pour achever son séjour canadien en beauté, l’Ecossais s’est payé le luxe d’annoncer un heureux événement. Lors de son discours d’après-match, il a ainsi révélé que sa coach, Amélie Mauresmo, avait accouché d’un petit garçon. Décidément une semaine parfaite pour le clan Murray. Il ne reste plus qu’à doubler la mise à Cincinnati pour prolonger ce bonheur.

Maxence Fabrion

Maxence Fabrion

Rédacteur chez La Petite Balle Jaune
Journaliste en formation. Drogué au sport. Inconditionnel de la petite balle jaune. A eu la chance de grandir avec les coups légendaires et les exploits homériques de Roger Federer. Objectif mais pas trop. Envie de voyager aux quatre coins du globe.
Maxence Fabrion