Monte-Carlo : Novak Djokovic sur une autre planète

Novak Djokovic est inarrêtable en 2015. Le Serbe l’a prouvé, une fois de plus, sur la terre battue de Monte-Carlo. Auteur d’une belle semaine, avec une victoire marquante sur Rafael Nadal, le Djoker se positionne comme le seul réellement capable de renverser l’Espagnol à Roland-Garros.

 

Novak Djokovic s’est imposé à la maison. © Monte-Carlo Rolex Masters

 

Ce qu’avait accompli Novak Djokovic avant Monte-Carlo, c’était déjà impressionnant. Mais depuis le tournoi monégasque, c’est devenu carrément monstrueux. Personne ne résiste au Serbe. Pas même Rafael Nadal, maître de la terre battue, sur sa surface fétiche. Alors que Roland-Garros se profile à l’horizon, le Djoker est seul au monde. Open d’Australie, Indian Wells, Miami et Monte-Carlo, il rafle tout. Le Serbe n’a manqué aucun grand rendez-vous cette année jusqu’à maintenant. Stratosphérique.


Un parcours ensoleillé avant une finale pluvieuse

 

Le parcours de Novak Djokovic à Monte-Carlo a été un peu à l’image du temps. D’abord très tranquille sous un beau soleil avec des succès convaincants en deux sets à chaque fois pour s’ouvrir les portes de la finale. Sa victoire sur Rafael Nadal restant évidemment un moment fort de la semaine. Même si l’Espagnol a cédé en deux manches face au Serbe, la rencontre entre les deux hommes a permis de montrer que l’octuple vainqueur du tournoi était bel et bien de retour aux affaires. Rafael Nadal peut tirer beaucoup de positif de sa demi-finale contre le Djoker. Il sait désormais ce qu’il doit revoir et corriger pour conserver sa couronne parisienne à Roland-Garros. Madrid et Rome pourraient bien lui servir de locomotive infernale pour retrouver l’intégralité de ses sensations sur sa surface favorite. Toutefois, Novak Djokovic peut également devenir encore plus redoutable s’il parvient à s’imposer dans les deux capitales européennes avant de se rendre à Paris.

Mais après un parcours très propre pour s’offrir le droit de disputer une nouvelle finale à domicile (le Serbe habite à Monte-Carlo), le No. 1 mondial a connu bien des difficultés face à Tomas Berdych sous un temps maussade, la pluie venant même interrompre la partie au milieu du match. C’est le Tchèque qui a le mieux débuté cette finale en prenant d’entrée à la gorge Novak Djokovic. Très offensif et utilisant parfaitement la géométrie du court, Tomas Berdych a constamment maintenu la pression sur le No. 1 mondial, l’empêchant ainsi d’avoir le temps de s’organiser. Cependant, une série d’erreurs en coup droit du Tchèque a permis au Serbe de se relancer. Se contentant de faire le mur, le Djoker a finalement pris les commandes du match. Dans le premier acte de la finale, chaque joueur a eu sa chance. La machine tchèque s’est enrayée au profit de Novak Djokovic. Proche de la rupture, Tomas Berdych s’est accroché à l’entame du deuxième set. Face à un Djoker en contrôle, la pluie s’est invitée pour sauver le Tchèque.


Un Djoker historique

 

Après plus d’une heure d’interruption (alors qu’il faisait un temps magnifique à Paris, la nature est cruelle parfois…), Tomas Berdych a retrouvé son tennis pour aligner trois jeux consécutifs avant d’égaliser à une manche partout. Revigoré par l’interruption, le Tchèque a su profiter des errements de Novak Djokovic. Le Serbe a semblé perdu sur le terrain à certains moments, chose rare pour lui contre Tomas Berdych. Lors de leur dernière finale commune, le Djoker avait humilié le Tchèque 6/0 – 6/2 à Pékin. Certes, le scénario chinois était bien loin de celui de Monte-Carlo, mais lors du troisième set, Tomas Berdych a fini par exploser. Comme à Indian Wells et Miami, après avoir concédé la deuxième manche, le No. 1 mondial s’est parfaitement repris pour s’envoler irrémédiablement vers la victoire. Malgré un sursaut d’orgueil du Tchèque, Novak Djokovic a su garder la tête froide pour décrocher un deuxième titre à Monte-Carlo. Avec ce nouveau succès en Masters 1 000, le Serbe rejoint Roger Federer avec un 23ème titre dans cette catégorie. Le symbole est fort. Mieux encore, le Djoker est le premier joueur qui réussit à remporter les trois premiers Masters 1 000 de la saison. Depuis l’US Open, le No. 1 mondial a disputé 50 matches. Il n’en a perdu que trois. Monstrueux.

Au classement ATP, Novak Djokovic est seul au monde. Avec 13 845 points au compteur, il dispose de 5 460 unités d’avance sur Roger Federer, son dauphin. Un matelas plus que confortable qui lui permet de voir venir très sereinement. Si on se réfère à la Race, l’écart creusé est déjà hallucinant après moins de quatre mois de compétition. Le No. 1 mondial a déjà glané 5 385 points cette saison. Un total exceptionnel qui repousse la concurrence à près de 3 000 points. Surréaliste. Dans la forme de sa vie, peut-être plus encore qu’en 2011, Novak Djokovic semble mieux armé que jamais pour conquérir Roland-Garros. Réponse en juin.

Maxence Fabrion

Maxence Fabrion

Rédacteur chez La Petite Balle Jaune
Journaliste en formation. Drogué au sport. Inconditionnel de la petite balle jaune. A eu la chance de grandir avec les coups légendaires et les exploits homériques de Roger Federer. Objectif mais pas trop. Envie de voyager aux quatre coins du globe.
Maxence Fabrion