US Open : Marin Cilic, un homme en mission

Pour la première fois depuis longtemps, très longtemps, un vent de folie a soufflé sur un Grand Chelem. Alors que tout le monde attendait une finale « normale » entre Novak Djokovic et Roger Federer, deux hommes ont décidé de changer le destin de cette édition 2014. Dans une finale totalement inédite, Kei Nishikori et Marin Cilic se sont disputés le titre. Sur un nuage contre le Japonais, le Croate a pu savourer son premier sacre en Grand Chelem. Retour sur un US Open plus ouvert que jamais qui restera dans nos mémoires.

 

Marin Cilic a créé la sensation à Flushing Meadows. © US Open Tennis Championships

 

L’US Open à New York, c’est un peu le meilleur Big Mac possible dans le McDonald’s le plus électrique du monde. Quand on pense à Flushing Meadows, on pense à la démesure américaine (il suffit de regarder l’immensité du Ashe…), à la folie du public, à Henri Leconte qui vous tient éveillé au mileu de la nuit, aux matches qui se terminent au petit matin, aux journées difficiles au travail à cause des innombrables nuits blanches devant la télévision… Bref, l’US Open est unique en son genre et on adore ça ! En plus d’être totalement survolté, ce Grand Chelem est devenu complètement dingue cette année ! Et pourtant, ce n’est pas la première fois que New York nous offre des surprises très spéciales… En 2009, Juan Martin Del Potro s’était imposé à la surprise générale en battant successivement Rafael Nadal et Roger Federer. On se disait alors qu’un bouleversement de la hiérarchie mondiale était possible… A l’époque, son sacre avait eu un retentissement formidable. Une victoire épique en finale face au quintuple tenant du titre, c’était grandiose. Mais les blessures de l’Argentin ont eu raison de ses ambitions. Puis un autre homme est venu perturber l’équilibre du Big Four en Australie au début de l’année en la personne de Stan Wawrinka. La révolution commençait déjà a grondé… A Flushing Meadows, elle s’est confirmée. Plus que ça, elle a explosé !


L’illusion du rêve américain pour les Frenchies

 

Trois Français se sont distingués à New York. Deux se sont arrêtés au stade des huitièmes de finale et le troisième est passé à un point de la qualification pour les demi-finales. Encourageant après un Wimbledon très décevant…


Jo-Wilfried Tsonga, l’abonné aux huitièmes de finale contre le Big Four

 

La meilleure chance tricolore à Flushing Meadows semblait se trouver en la personne de Jo-Wilfried Tsonga. No. 1 français et récent vainqueur du Masters 1 000 de Toronto, il semblait le mieux armé pour aller loin dans le dernier tournoi du Grand Chelem de la saison. Après trois premiers tours bien maîtrisés malgré un seul set abandonné en route au premier face à Juan Mónaco, Jo-Wilfried Tsonga s’avançait avec sérénité vers Andy Murray pour tenter d’accéder aux quarts de finale. Tombeur de l’Ecossais au Canada, on se disait qu’un nouvel exploit était possible. Oui mais voilà… Toronto, ce n’est pas New York. Malgré de bonnes intentions et une pression accrue sur le service adverse, ce qui lui a d’ailleurs permis de prendre plusieurs fois le service du Britannique, le Français a craqué dans tous les moments chauds de la rencontre. Au final, une défaite frustrante en trois sets. Circulez, il n’y a rien à voir. Jo-Wilfried Tsonga est sorti par la petite porte à Flushing Meadows. Cependant, en cas de victoire, il aurait affronté Novak Djokovic, le No. 1 mondial. Pas franchement un cadeau… Sale année pour le Tricolore en Grand Chelem. Balayé à chaque fois en trois sets lors des huitièmes de finale contre Roger Federer à l’Open d’Australie, Novak Djokovic à Roland-Garros puis à Wimbledon, et donc Andy Murray à l’US Open, « Big Jo » n’a pas eu beaucoup de chance en ne tombant que sur des membres du Big Four. Vivement 2015 !


Gilles Simon, l’éternel perdant magnifique

 

Après le No. 1 français, il y en a un qui a brillé à New York alors qu’on ne s’y attendait pas vraiment. Cette agréable surprise tricolore est venue de Gilles Simon. Après deux premiers tours bien négociés sans trop traîner sur le court, un comble pour lui, le Français s’attaquait à un sacré morceau au troisième tour. Pour rejoindre les huitièmes de finale, Gilles Simon devait venir à bout de David Ferrer. Un défi difficile mais à sa portée. Tacticien de génie et très appliqué dans ses frappes, le Tricolore a tranquillement sorti l’Espagnol en quatre sets. Une performance magistrale qui lui a permis de s’ouvrir les portes des huitièmes où la tâche ne s’annonçait pas plus simple contre Marin Cilic. Fidèle à lui-même, Gilles Simon a embarqué le Croate dans un marathon interminable… Au bout de 3h28 de jeu, la cinquième et dernière manche ne faisait que débuter. Tout allait bien. Le théorème du marathon (ou le théorème « Gilles Simon » pour les intimes) était respecté. Malheureusement, le Tricolore n’est pas parvenu à prendre le dessus sur Marin Cilic, un adversaire que notre marathonien national était parvenu à battre au terme d’un match renversant au deuxième tour à Melbourne en début d’année. Pour ce dernier, cette épilogue heureuse n’était alors que le début d’une fantastique aventure vers le titre. En revanche, Gilles Simon a réaffirmé son statut de spécialiste des défaites frustrantes cette année. Après ses revers cruels contre Rafael Nadal à Rome, Milos Raonic à Roland-Garros et Novak Djokovic à Cincinnati, le Tricolore complète sa belle collection avec une défaite difficile à digérer contre Marin Cilic, surtout quand on connaît l’issue du tournoi… Désormais, Gilles Simon doit se dire qu’il peut gagner un Grand Chelem, vous ne croyez pas ?


Gaël Monfils, du rêve au cauchemar

 

La sensation française du tournoi est à mettre au crédit de Gaël Monfils. Aussi génial qu’imprévisible, capable du meilleur comme du pire, le joueur complètement fou du tennis tricolore s’est montré sous son meilleur jour à New York. Expéditif et solide lors de ses trois premiers tours avec notamment une belle victoire sur Richard Gasquet qui ne souffre d’aucune contestation, la Monf’ devait relever un défi de taille lors des huitièmes de finale puisqu’il était opposé au No. 8 mondial, Grigor Dimitrov. Comme dans un rêve, le Français a survolé la rencontre face à un Bulgare en panne d’inspiration qui a totalement explosé dans les moments chauds du match à l’image de sa double-faute sur la balle de match. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce succès contre le membre du Top 10 était son premier sur le Ashe, le plus grand court de tennis du monde. Par ailleurs, cela lui a ouvert les portes des quarts de finale pour la sixième fois en Grand Chelem (4 à Roland-Garros et 2 à Flushing). Quand il veut, il peut. Sans avoir perdu un seul set depuis le début de l’US Open, Gaël Monfils allait alors tenter de rejoindre le dernier carré. Pour cela, encore fallait-il affronter Roger Federer, quintuple vainqueur du Grand Chelem américain…

Une montagne se dressait devant lui, surtout lorsque l’on sait que le Suisse s’est qualifié à New York pour son 43ème quart de finale en Grand Chelem, le 10ème à Flushing en 11 participations. Auteur d’un début de match parfait, le plus déjanté des joueurs français s’est rapidement envolé dans la rencontre pour mener deux manches à rien contre le No. 3 mondial. Assisté par Gilles Simon tout au long de l’US Open, Gaël Monfils avait visiblement bien retenu les conseils de son ami. Oui mais voilà, un match de tennis en Grand Chelem se joue au meilleur des cinq sets. Le plus dur restait à faire pour le Tricolore : empocher un troisième et dernier set pour conclure la rencontre et ainsi faire trembler Flushing Meadows. Dos au mur, Roger Federer est reparti au combat. En réalisant son premier break de la partie dès l’entame de la troisième manche, la mécanique semblait relancée mais c’était sans compter sur la détermination de la Monf’ qui a débreaké dans la foulée. Plus lucide et davantage précis dans ses frappes, le Suisse a malgré tout réussi à refaire une partie de son retard pour espérer réaliser un come-back fantastique. La dernière fois que l’ancien No. 1 mondial avait remonté un handicap de deux sets à rien, c’était à Wimbledon en 2012 face à Julien Benneteau. Décidement, Roger aime les Français…

Dans une atmosphère irrespirable, la quatrième manche a offert un spectacle très intense transformant le match en un thriller au suspense insoutenable. Alors que l’Helvète commençait à toucher les lignes et que le Tricolore semblait touché physiquement, la rencontre s’est tendue progressivement à mesure que le set avançait. Frustré de ne pas réussir à se détacher, Roger Federer a même claqué un coup de raquette dans le filet. Mis sous pression, le Suisse était au bord du gouffre. Sur le service adverse, Gaël Monfils s’offrait alors deux balles de match pour réaliser une sensation monumentale. Sans trembler, Roger Federer est allé au combat pour sauver sa peau avec autorité. Un coup de raquette, voilà ce qu’il a manqué à la Monf’ pour éliminer l’homme aux 17 tournois du Grand Chelem. Sa chance venait de passer. En revanche de l’autre côté, poussé par un public en fusion, le Suisse est parvenu à faire craquer le Français pour embarquer ce dernier dans un cinquième set décisif. Avant même de le jouer, le destin était écrit. Pour Gaël Monfils, c’était trop. Transcendé, faisant parler son orgueil de champion, Roger Federer s’est envolé irrésistiblement vers la victoire. Au terme d’une remontée exceptionnelle, le No. 3 mondial effectuait son retour dans le dernier carré à Flushing Meadows. Cruel et beau à la fois dans la nuit américaine, ce thriller restera peut-être comme le plus beau come-back de Roger Federer. De son côté, Gaël Monfils pourra nourrir des regrets pendant longtemps… Cependant, cela n’enlève rien à son beau parcours new-yorkais. L’heure de la revanche pourrait sonner à l’occasion de la finale de la Coupe Davis. What else ?

 

Respect mutuel entre Roger Federer et Gaël Monfils. © US Open Tennis Championships

 

L’heure de la révolte a sonné

 

Depuis une décennie, chacun se demande quand et comment il sera possible de briser l’hégémonie du Big Four, constitué de Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray, sur les tournois du Grand Chelem. Après de longues années d’attente, deux joueurs ont trouvé la solution. Ces joueurs, personne ou presque n’a misé une pièce sur eux pour une potentielle finale à Flushing Meadows. Si vous avez réalisé le coup du siècle en revanche, contactez-moi. Une fortune, ça se partage !


Kei Nishikori, l’espoir de l’Asie

 

Le premier de ces deux combattants n’est autre autre que Kei Nishikori. Annoncé comme l’un des meneurs de la relève du tennis mondial avec Milos Raonic et Grigor Dimitrov, le Japonais a fait largement mieux que tenir son rang à New York. Son US Open s’est déroulé en deux phases : une première très tranquille puis une deuxième héroïque. Après trois premiers matches pendant lesquels il ne fut jamais inquiété, bénéficiant même de l’abandon de Pablo Andújar au deuxième tour, Kei Nishikori a alors entamé un véritable marathon pour rallier la finale à Flushing Meadows.

En huitièmes de finale, le Japonais défiait celui qui l’avait battu au même stade de la compétition à Wimbledon en la personne de Milos Raonic, No. 6 mondial. Face au bombardier canadien, il est allé jusqu’au bout de la nuit new-yorkaise ! Toujours à courir derrière le score pendant l’ensemble de la partie, il est néanmoins parvenu à arracher la cinquième manche. Avec un jeu très complet mais pas toujours emballant, Kei Nishikori a fait craquer Milos Raonic au bout de 4h19 de jeu. Preuve de la longue durée de la rencontre, la dernière balle fut disputée à 2h26 du matin, égalant ainsi l’heure la plus tardive de la fin d’un match à l’US Open. Epuisé par cette longue bataille, il devait maintenant se tourner vers un autre gros morceau. Stan Wawrinka, No. 4 mondial, se dressait sur la route des demi-finales. Pas une mince affaire… Mais Kei Nishikori est devenu un autre homme à Flushing Meadows. Dans un match à la qualité de jeu brillantissime, il a pris le meilleur sur le Suisse en cinq sets à la surprise générale au bout d’un nouveau marathon de 4h15 de jeu.

Le Japonais est un joueur qui sait tirer les leçons du passé. Contraint à l’abandon contre Rafael Nadal à Madrid alors qu’il avait surclassé l’Espagnol pendant un set et demi en finale, il n’avait été ensuite que l’ombre de lui-même à Roland-Garros où il avait pris la porte dès son entrée en lice. Touché physiquement, il a beaucoup travaillé pour devenir beaucoup plus athlétique. Forfait pour la tournée nord-américaine, il a effectué un retour fracassant à New York. Infatigable, le Japonais pouvait alors se mettre à rêver du titre. Mais pour continuer d’y croire, il fallait d’abord sortir le grand jeu face à Novak Djokovic, No. 1 mondial et finaliste malheureux à New York l’année dernière. Largement donné perdant sur le papier, Kei Nishikori n’a pourtant mis que quatre sets pour renvoyer le Serbe aux vestiaires. Sur un nuage, le Japonais est devenu le premier Asiatique de l’ère Open à se qualifier pour une finale de Grand Chelem. Je vous entends déjà crier : « Et Michael Chang, ce n’est pas un Chinois peut-être ? » Au risque de vous décevoir… Non, Michael Chang n’était pas un Chinois lors de sa victoire improbable à Roland-Garros en 1989 mais bel et bien un Américain ! Ironie du sort, il est aujourd’hui l’entraîneur de Kei Nishikori. Ne serait-ce que pour sa magnifique épopée à Flushing Meadows, le protégé de Michael Chang méritait de s’imposer. Malheureusement pour lui, il est tombé en finale sur un Marin Cilic en état de grâce. Mais qu’importe, à 24 ans, le Japonais a de beaux jours devant lui. La prochaine fois sera sûrement la bonne.

 

Auteur d'un tournoi renversant, Kei Nishikori sera à suivre de très près. © US Open Tennis Championships

Kei Nishikori a réalisé un tournoi renversant. © US Open Tennis Championships

 

Marin Cilic, la grâce après le drame

 

De l’enfer à la rédemption, il n’y a quasiment qu’un pas. Demandez plutôt à Marin Cilic… Il y a un an, le Croate était contraint de regarder l’US Open à la maison suite à une suspension pour dopage. A l’époque, il n’imaginait sûrement pas succéder à Rafael Nadal à Flushing Meadows. Marin Cilic ne voulait qu’une chose : revenir sur les courts de tennis et laver son honneur. La rage au ventre, il a effectué son retour à la compétition lors du Masters 1 000 de Paris-Bercy. Quelques mois plus tard, la vague croate a déferlé sur New York. Elle a tout emporté sur son passage. Vraiment tout pour s’offrir un retour en grâce aussi spectaculaire qu’inattendu. Désormais, Marin Cilic appartient au cercle très fermé des vainqueurs en Grand Chelem. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas volé cette victoire à l’US Open. Sous l’impulsion de Goran Ivanisevic, son entraîneur et vainqueur de Wimbledon en 2001, le Croate est entré dans une nouvelle dimension.

Pour son entrée en lice, le futur vainqueur du Grand Chelem new-yorkais a bien été aidé par son adversaire. En effet, Marcos Baghdatis a abandonné dès le deuxième set après avoir concédé la première manche. Grâce à ce petit coup de pouce, Marin Cilic a pu économiser un peu d’énergie pour être dans les meilleures conditions lors de son deuxième tour contre Illya Marchenko, modeste ukrainien situé à la 163ème place mondiale. Rarement inquiété, il n’a mis que trois sets pour accéder au troisième tour. Cette fois, opposé à Kevin Anderson, le Croate a lâché un set en route avant de se frayer un chemin jusqu’aux huitièmes de finale. Sur sa route, Gilles Simon, réputé pour disputer des matches qui n’en finissent plus, l’attendait. La rencontre a donné lieu à une grosse bataille de plus de quatre heures. Finalement, le Français a rendu les armes dans le cinquième set sous les coups incisifs de Marin Cilic. Véritable match référence pour le Croate, il va mettre ce dernier sur un nuage pour le reste du tournoi.

Impressionnant d’abnégation tout au long de son parcours à Flushing Meadows et libéré après sa victoire cruciale face à Gilles Simon, le poulain de Goran Ivanisevic va alors marcher sur l’eau pour décrocher son premier titre du Grand Chelem. Contre Tomas Berdych en quarts puis Roger Federer en demies et enfin Kei Nishikori en finale, le Croate n’a concédé aucun set. Sans trembler, il a tout simplement marché sur ses adversaires après son marathon victorieux face à Gilles Simon. Transcendé sur le court, Marin Cilic n’a jamais semblé douter pendant sa deuxième semaine new-yorkaise. Pas même en finale où il a fait preuve d’une maîtrise incroyable. Pour l’anecdote, il est devenu le premier joueur depuis Roger Federer lors de l’Open d’Australie en 2007 à ne perdre aucun set après les huitièmes de finale pour s’adjuger le titre. Tout un symbole. Marin Cilic mérite son moment de gloire.

 

Retour en grâce pour Marin Cilic après une période difficile. © US Open Tennis Championships

 

Nishikori – Cilic : une finale à sens unique

 

Finale inédite à Flushing Meadows mais finale à sens unique… Pour la première finale dans un tournoi du Grand Chelem sans aucun membre du Top 10 depuis Roland-Garros en 2002, Marin Cilic a survolé les débats face à Kei Nishikori avec une insouciance exceptionnelle. Revenu de l’enfer après avoir été accusé de dopage, le Croate a achevé de la plus belle des manières LE tournoi de sa vie.

Après 38 finales consécutives en Grand Chelem où l’on retrouvait au moins à chaque fois Roger Federer, Rafael Nadal ou Novak Djokovic, Marin Cilic et Kei Nishikori ont inversé la tendance en parvenant à se hisser jusqu’au match ultime à Flushing Meadows. Evidemment, chacun disputait sa toute première finale dans un tournoi de cette envergure. Pourtant, avec une facilité déconcertante, le protégé de Goran Ivanisevic s’est comporté comme un véritable patron sur le court pour aller décrocher les étoiles et ainsi s’offrir le premier titre du Grand Chelem de sa carrière.

Pourtant, c’est Kei Nishikori qui s’est procuré la première balle de break de la rencontre dès les premières minutes. Cependant, ce fut le seul moment du match où Marin Cilic a réellement été mis en danger. Car pour le reste, il s’est montré impeccable. Après cette petite alerte dès l’entame de la finale, le Croate a retrouvé le niveau de jeu qui l’a propulsé vers les sommets pour prendre à la gorge le Japonais. Sans se faire prier, le bourreau de Roger Federer prenait alors les commandes du match. Il ne les lâchera plus jamais. Usé par sa deuxième semaine new-yorkaise (deux marathons face à Milos Raonic puis Stan Wawrinka et une grosse prestation contre Novak Djokovic), Kei Nishikori n’a rien pu faire face à la tornade croate. Asphyxié, il a multiplié les fautes directes. En face, Marin Cilic est resté impitoyable. Rapidement, il s’est envolé dans la deuxième manche avec deux breaks d’avance dans sa besace. Le sursaut d’orgueil de son adversaire à la fin du set n’y a rien changé. Le Croate n’était plus qu’à une manche du paradis. Impeccable sur son service et redoutable dans l’échange, il a continué à faire preuve d’une maîtrise stupéfiante sur le Ashe. En faisant littéralement ce qu’il veut sur le court, Marin Cilic a mis moins de deux heures pour ajouter son nom à la légende de l’US Open. C’était son jour, son destin. Même une énorme double-faute sur sa première balle de match n’a pas réussi à entamer son incroyable confiance. Marin Cilic était en mission à Flushing Meadows. De retour à la 9ème place mondiale (meilleur classement égalé), il peut désormais regarder plus haut et viser une place pour le Masters de Londres. Pour autant, le plus dur sera de confirmer cet authentique exploit. Chose que ni Juan Martin Del Potro, ni Stan Wawrinka, rares vainqueurs en Grand Chelem en dehors du Big Four, n’ont réussi à faire pour le moment.

 

Marin Cilic a remporté son premier titre du Grand Chelem. © US Open Tennis Championships

 

Surprenant à plus d’un titre, cet US Open 2014 restera dans les annales. Vent de fraîcheur, surprises, retournements de situation… Flushing Meadows a été le théâtre d’une révolution tennistique qui pourrait bien chambouler l’équilibre du circuit dans les prochains mois.

Maxence Fabrion

Maxence Fabrion

Rédacteur chez La Petite Balle Jaune
Journaliste en formation. Drogué au sport. Inconditionnel de la petite balle jaune. A eu la chance de grandir avec les coups légendaires et les exploits homériques de Roger Federer. Objectif mais pas trop. Envie de voyager aux quatre coins du globe.
Maxence Fabrion