Toronto : Jo-Wilfried Tsonga, c’est le Canada !

Au terme d’une semaine parfaite, Jo-Wilfried Tsonga a remporté le Masters 1 000 de Toronto. Le Français y a mis la manière puisqu’il a battu quatre occupants du Top 10 à la suite. Un authentique exploit. Libéré et dans la forme de sa vie, le Manceau a été intouchable tout au long de son parcours canadien. A deux semaines de l’US Open, il vient d’envoyer un message fort à l’élite du tennis mondial. Tsonga is back !

 

Jo-Wilfried Tsonga a le sourire après sa semaine éblouissante à Toronto. © Rogers Cup

 

Alors qu’il naviguait en eaux troubles jusque-là, Jo-Wilfried Tsonga a retrouvé des couleurs au Canada. Mais attention à l’excès de confiance… Sortir dès le deuxième tour de l’US Open après son immense performance à Toronto, ce serait moche non ?


Jo-Wilfried Tsonga, l’improbable résurrection

 

Il y a des semaines comme ça où tout vous réussit… C’est précisément ce qui est arrivé à Jo-Wilfried Tsonga lors du Masters 1 000 de Toronto. Comme à ses plus belles heures à l’Open d’Australie 2008, le Français n’a jamais tremblé face aux cadors du circuit. Sur un nuage au Canada, il a sorti successivement quatre joueurs du Top 10. Une performance inédite et magistrale pour lui. Enterré unanimement depuis des mois, le Manceau a fait taire tous ses détracteurs en réalisant la semaine de sa vie à Toronto. Une semaine qui pourrait bien le relancer totalement dans une saison assez terne avant ces derniers jours presque irréels. A quelques encablures de l’US Open, le Tricolore se positionne comme un très sérieux outsider à New York. Il ne reste plus qu’à confirmer…

Avant de revenir sur le devant de la scène, Jo-Wilfried Tsonga a discrètement débuté son aventure canadienne contre Edouard Roger-Vasselin puis Jérémy Chardy. Sans forcer, le Manceau a logiquement fait respecter la hiérarchie en prenant le meilleur sur ses compatriotes sans concéder un seul set. Après cette entrée en matière en douceur, l’Everest se dressait sur sa route en la personne de Novak Djokovic, le No. 1 mondial, ni plus ni moins. Ce dernier était d’ailleurs passé tout près de la sortie dès son premier match face à un Gaël Monfils (nos Frenchies étaient décidément dans tous les coups !) qui a fait le show pour le plus grand plaisir du public. Mais comme à Roland-Garros contre Andy Murray, la Monf’ a cédé au bout d’un match énorme. Heureux d’effectuer un retour gagnant après son titre à Wimbledon et son mariage avec la ravissante Jelena Ristic (c’est l’info people du mois de juillet), Novak Djokovic a littéralement explosé de joie après la balle de match comme s’il venait de remporter le tournoi. Le lendemain a été bien différent pour le patron du circuit. Pas dans un bon jour, il s’est littéralement fait balayer par un Jo-Wilfried Tsonga qui restait sur une série de 18 sets perdus face au No. 1 mondial. En deux sets, le Français a infligé une véritable leçon de tennis au Serbe en seulement 63 minutes et quatre jeux concédés.

Sur sa lancée, le Français n’a pas faibli contre Andy Murray. Irréprochable dans son attitude, il s’est superbement battu sans jamais perdre le fil du match. Malgré la perte de la deuxième manche et un 3/0 encaissé dans le troisième set, il ne s’est pas découragé face au protégé d’Amélie Mauresmo. Trouvant les ressources mentales nécessaires, il a su renverser la vapeur pour rejoindre le dernier carré et ainsi s’offrir le scalp d’un deuxième membre du Top 10. Jamais deux sans trois paraît-il… Inarrêtable à Toronto, Jo-Wilfried Tsonga a parfaitement maîtrisé sa demi-finale l’opposant à Grigor Dimitrov. Ce dernier, visiblement limité dans ses réserves physiques suite à sa victoire inespérée de la veille contre Kevin Anderson (tombeur de Stanislas Wawrinka en huitièmes), n’a pas tenu la distance face au Tricolore. Victorieux en deux sets du Bulgare, il ne restait plus qu’une marche à gravir pour terminer en beauté une semaine exceptionnelle. Pour remporter le deuxième Masters 1 000 de sa carrière, il devait alors venir à bout de Roger Federer. Rien que ça.

 

Combatif à chaque match, Jo-Wilfried Tsonga est allé s'offrir le plus beau succès de sa carrière au Canada. © Rogers Cup

Jo-Wilfried Tsonga est allé s’offrir le plus beau succès de sa carrière au Canada. © Rogers Cup

 

Federer – Tsonga : L’apothéose d’une semaine de rêve pour le Tricolore

 

Jo-Wilfried Tsonga aime jouer Roger Federer au Canada. Et pour cause, le Français a toujours pris le dessus sur le Suisse en deux confrontations au pays de la feuille d’érable. C’était à Montréal en 2009 et 2011. Cette fois, le Manceau s’attaquait au No. 3 mondial à Toronto.

Contrairement à Tsonga qui a sorti trois membres du Top 10 (Djokovic, Murray et Dimitrov) pour rallier la finale, Federer a, quant à lui, bénéficié d’un tableau plus clément. Après une entame très tranquille contre le Canadien Peter Polansky, l’homme aux 17 tournois du Grand Chelem a été accroché par Marin Cilic puis David Ferrer. En revanche, le Suisse s’est montré expéditif lors de sa demi-finale face à Feliciano López. Entre temps, Roger Federer a fêté son anniversaire. Le voici désormais âgé de 33 ans. A Toronto, le No. 3 mondial visait un 22ème titre en Masters 1 000 pour sa 37ème finale dans cette catégorie, la 3ème cette année. Raté. La faute à un Jo-Wilfried Tsonga en état de grâce sur les terres canadiennes.

Explosif en coup droit, solide en revers, puissant au service et combatif dans l’attitude, le Français a anesthésié les espoirs d’un Federer qui n’arrivait pas à bouger correctement sur le terrain. A l’inverse du Suisse mis régulièrement sous pression sur son service, Jo-Wilfried Tsonga s’est montré impérial dans le domaine. Dans un début de match relativement timide, c’est lui qui a su mettre le coup d’accélérateur pour faire craquer Roger Federer. La première balle de break fut la bonne pour le Tricolore. En s’emparant de la mise en jeu adverse, le Manceau empochait également la première manche 7/5. L’ascendant de Tsonga sur le match s’est alors accru progressivement dans la deuxième manche. Constamment agressé sur son service, Federer a longtemps repoussé les assauts répétés du Français en sauvant plusieurs balles de break dont notamment une sous forme de balle de match. Luttant contre lui-même, le Suisse a cherché son salut au filet. En vain. Malgré sa résistance qui lui a permis de tenir jusqu’au jeu décisif, Roger Federer n’a pu empêcher le sacre de Jo-Wilfried Tsonga à Toronto. Le Suisse n’est même pas parvenu à se procurer la moindre balle de break ! C’est un coup dur pour lui puisqu’il perd sa cinquième finale de l’année, sa troisième en Masters 1 000 (Indian Wells, Monte-Carlo et donc Toronto). De son côté, jamais agacé par ses nombreuses occasions ratées de prendre définitivement l’avantage dans la rencontre, le Français a eu le mérite de ne pas se laisser gagner par la frustration. Pendant sa semaine canadienne, « Big Jo » a été grand. Très grand !

En battant successivement quatre joueurs du Top 10, Jo-Wilfried Tsonga remporte ainsi le deuxième Masters 1 000 de sa carrière après le premier obtenu à Bercy en 2008. C’est également le 11ème titre de sa carrière et le premier en 2014. Grâce à ce succès étincelant, il retrouve le Top 10 et redevient du même coup le No. 1 tricolore. Cerise sur le gâteau, il est le premier Français à remporter un Masters 1 000 à l’étranger (hors Bercy et Monte-Carlo) depuis Guy Forget en 1991. Jo-Wilfried Tsonga est de retour. Le circuit est prévenu.

 

Malgré la fatigue d'une semaine intense, les deux finalistes ont le sourire. © Rogers Cup

Malgré la fatigue et l’émotion, Roger Federer et Jo-Wilfried Tsonga ont le sourire. © Rogers Cup

 

La tournée nord-américaine se poursuit cette semaine avec le Masters 1 000 de Cincinnati ! En l’absence de Rafael Nadal, blessé au poignet droit, Roger Federer, Novak Djokovic, Andy Murray, Grigor Dimitrov, Milos Raonic ou encore Jo-Wilfried Tsonga tenteront de marquer les esprits à seulement deux semaines du coup d’envoi du dernier Grand Chelem de la saison à New York.

Maxence Fabrion

Maxence Fabrion

Rédacteur chez La Petite Balle Jaune
Journaliste en formation. Drogué au sport. Inconditionnel de la petite balle jaune. A eu la chance de grandir avec les coups légendaires et les exploits homériques de Roger Federer. Objectif mais pas trop. Envie de voyager aux quatre coins du globe.
Maxence Fabrion