Cincinnati : Roger Federer is back to business !

Déjà finaliste à Toronto, Roger Federer a enclenché la vitesse supérieure à Cincinnati en remportant un sixième trophée dans l’Ohio. Vainqueur de David Ferrer au terme d’une finale décousue, le Suisse se lance idéalement vers la quête d’un sixième titre à New York. A 33 ans, il continue d’écrire l’histoire du tennis.

 

Heureux, Roger Federer savoure son succès à Cincinnati. © Western & Southern Open

 

Roger Federer vient d’avoir 33 ans et pourtant… Le Suisse possède toujours en lui cette flamme incroyable qui l’anime sur le court. En l’absence de Rafael Nadal, blessé au poignet droit, il aura forcément un coup à jouer à New York. De plus, Novak Djokovic et Stan Wawrinka ne sont pas au mieux actuellement. Avec quatre finales consécutives et un sixième titre à Cincinnati, le No. 3 mondial se positionne clairement comme le favori de l’US Open. Tous les voyants sont au vert pour lui.
Le reste de l’histoire américaine, c’est à Roger de l’écrire.

 

L’Ohio réussit si bien à Roger Federer…

 

Ce n’est un scoop pour personne… Roger Federer aime jouer à Cincinnati. Avant cette année, le Suisse s’était déjà imposé à cinq reprises dans l’Ohio. Après une année 2013 où il a broyé du noir, le No. 3 mondial revient au premier plan en 2014. Il y a fort à parier que sa collaboration avec la légende Stefan Edberg n’est pas étrangère au regain de forme de l’homme aux 17 tournois du Grand Chelem. En arrivant à Cincinnati, Roger Federer était déjà en confiance avec trois finales consécutives au compteur. Malgré son échec contre Jo-Wilfried Tsonga à Toronto, il restait quand même sur une dynamique positive. Cette dernière n’a fait que s’amplifier dans l’Ohio.

Aussitôt la défaite face à « Big Jo » en finale du Masters 1 000 de Toronto digérée, le Suisse est tout de suite retourné au charbon à Cincinnati. Pour son premier match, Vasek Pospisil se présentait à lui. Malgré deux premiers sets très accrochés entre les deux joueurs, Roger Federer est parvenu à porter un coup d’accélération fatal dans la troisième manche afin de rallier le tour suivant. Au passage, sa victoire sur le Canadien était la 300ème en Masters 1 000, un record évidemment. C’était même son 45ème match remporté cette année, soit autant que sur la totalité de l’année 2013. Surréaliste. Le Bâlois est d’ailleurs le seul demi-finaliste de Toronto à avoir réussi son entrée en lice à Cincinnati. En effet, Jo-Wilfried Tsonga, titré au Canada, Grigor Dimitrov et Feliciano López ont pris la porte immédiatement ! Après ce démarrage compliqué, le Suisse devait se défaire de Gaël Monfils. Le Français aime faire le show sur le terrain… et il n’a pas failli à sa réputation. Dans un match durant lequel il y a eu une pluie de breaks sur les engagements de chacun, c’est finalement Roger Federer qui s’en est sorti au terme d’une partie complètement dingue. Après deux premières rencontres âprement disputées, le niveau a encore grimpé d’un cran lors des quarts de finale.

Opposé à Andy Murray pour une place dans le dernier carré, le magicien suisse a d’abord parfaitement maîtrisé son sujet dans la première manche remportée assez facilement avant de craquer à l’entame de la deuxième. Mené de deux breaks par l’Ecossais, le No. 3 mondial s’est alors brutalement réveillé pour glaner… six des sept derniers jeux du match ! Juste après la rencontre, le compatriote de Stan Wawrinka a même lâché : « J’ai volé le deuxième set ! » Peu importe, Roger Federer a assuré l’essentiel face au Britannique pour s’offrir une demi-finale contre Milos Raonic. Facilement vainqueur du bombardier canadien à Wimbledon au même stade de la compétition, le Suisse a remis ça à Cincinnati. Eblouissant durant la première manche, il n’a concédé aucun point sur sa mise en jeu. Agressif dans ses frappes, il n’a pas laissé respirer un Milos Raonic totalement dépassé par les événements. Le deuxième set fut plus accroché mais le Canadien a une nouvelle fois cédé face au réalisme impitoyable de l’ancien No. 1 mondial. Grâce à cette leçon de tennis, le Suisse s’est qualifié pour une sixième finale à Cincinnati. Cerise sur la gâteau, ce succès contre Milos Raonic a permis à Roger Federer d’être d’ores et déjà qualifié pour le Masters de Londres en fin d’année. Ce sera la treizième apparition consécutive de l’Helvète au Tournoi des Maîtres. Pour que la semaine soit parfaite, il ne restait plus qu’à battre David Ferrer en finale.

 

Roger Federer a retrouvé le chemin de la victoire en Masters 1 000. © Western & Southern Open

 

Federer – Ferrer : Le bonheur du Suisse après la frayeur

 

Jouer David Ferrer n’est pas une chose qui dérange énormément Roger Federer. Pour preuve, le Suisse s’est toujours imposé contre l’Espagnol en quinze confrontations. La seizième en finale de Cincinnati ne fut pas la plus simple pour le No. 3 mondial ! Pour l’anecdote, c’était la première finale entre joueurs de plus de 30 ans en Masters 1 000. Age is just a number, isn’t it ?

Pour la 38ème finale en Masters 1 000 de sa carrière, la 4ème dans cette catégorie en 2014, Roger Federer a connu un match étrange face à David Ferrer. Comme à Toronto la semaine passée, l’Ibère a lâché ses coups pour tenter de bousculer la montagne suisse. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a été loin d’être ridicule ! S’engageant dans chaque frappe et intelligent dans sa tactique, il a tenu le choc contre le quintuple vainqueur du tournoi dans un début de match équilibré avant de céder son service dans la première manche sur un jeu grossier agrémenté de double-fautes et de fautes directes. Dans la foulée, l’ancien No. 1 mondial a contenu les assauts de David Ferrer en sauvant quatre balles de break pour finalement s’emparer des commandes de la finale. Dès l’entame du deuxième set, le Suisse était tout près de tuer le match en se procurant quatre nouvelles balles de break. Toutes manquées. C’est alors que la rencontre a connu un tournant aussi incroyable qu’inattendu. Se battant comme un lion, l’Espagnol s’est payé le luxe d’aligner cinq jeux consécutifs à Roger Federer. Il est même passé à un seul point d’infliger une bulle à l’Helvète. Un scénario totalement improbable. Alternant entre le bon et le mauvais durant la deuxième manche, le No. 3 mondial semblait retomber dans ses travers. Le spectre de l’année 2013 a plané sur la finale pendant quelques minutes, juste le temps que le Roger version 2014 revienne sur le court pour retrouver de sa superbe et s’envoler irrésistiblement vers la victoire dans le troisième et dernier set.

Roger Federer décroche ainsi le 80ème titre de sa carrière, le 6ème à Cincinnati et le 3ème cette année après Dubaï et Halle. C’est également son 22ème succès en Masters 1 000. Cela faisait depuis deux ans qu’il n’avait plus gagné dans cette catégorie. Son dernier titre dans un Masters 1 000 remontait à… Cincinnati justement ! Heureux comme un gamin de 18 ans qui gagne son tout premier tournoi, le Suisse a fait le plein de confiance juste avant l’US Open. Actuellement sur une série de quatre finales consécutives ponctuées par des titres à Halle et donc Cincinnati, Roger Federer apparaît désormais comme le grand favori pour la victoire finale à New York. Avec Rafael Nadal forfait à cause de son poignet droit, Novak Djokovic qui n’arrive pas à se remettre de son mariage et Stan Wawrinka qui reste trop inconstant depuis son titre à Melbourne, il semble être dans les meilleures dispositions possibles pour accrocher un 18ème tournoi du Grand Chelem. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

 

Comme un gamin de 18 ans, Roger Federer bandit son trophée comme si c'était le premier. © Western & Southern Open

Roger Federer brandit son trophée comme si c’était le premier. © Western & Southern Open

 

Grand vainqueur de la tournée nord-américaine avant de s’envoler pour New York, Roger Federer est l’homme en forme du moment. Favori pour l’US Open à 33 ans, le Suisse espère repousser les limites de son sport encore une fois… Pour l’histoire du tennis, on veut y croire.

 

Rendez-vous à Flushing Meadows !

Maxence Fabrion

Maxence Fabrion

Rédacteur chez La Petite Balle Jaune
Journaliste en formation. Drogué au sport. Inconditionnel de la petite balle jaune. A eu la chance de grandir avec les coups légendaires et les exploits homériques de Roger Federer. Objectif mais pas trop. Envie de voyager aux quatre coins du globe.
Maxence Fabrion