Wimbledon : Novak Djokovic au septième ciel !

Wimbledon 2014 ? So 2011 ? Pas vraiment ! Certes, Petra Kvitová et Novak Djokovic sont les grands gagnants du tournoi londonien. Mais en regardant dans le rétro de la quinzaine, on se rend compte que les choses changent. Doucement mais sûrement, le changement progresse. Le Big Four résiste à la relève du tennis mondial pour le moment. Mais pour combien de temps encore ? Avant de tourner la page d’un Wimbledon forcément spécial, un bilan du tournoi s’impose. 

 

Novak Djokovic à terre sur le Centre Court après sa victoire contre Roger Federer. © Wimbledon

Novak Djokovic à terre sur le Centre Court après sa victoire contre Roger Federer. © Wimbledon

 

Wimbledon, c’est un coin d’Angleterre pas comme les autres. Son histoire, sa tradition, son ambiance, son gazon, son système très spécial pour attribuer les têtes de série… Chaque année, la crème du tennis mondial dispute le tournoi le plus prestigieux du monde, le plus royal aussi… Preuve en est, la reine Elizabeth II d’Angleterre s’est rendue au All England Club le 24 juin 2010 ! Plus régulièrement, il est possible d’apercevoir dans la Royal Box comme lors de la finale cette année Kate Middleton et le Prince William. Bref, vous l’aurez compris, Wimbledon transpire la tradition « so british », n’est-ce pas ? comme dirait l’emblématique Darren Tulett que nous avions eu la chance d’interviewer avant son périple londonien. Au cœur de la tradition de Wimbledon, comment oublier le cérémonial qui mène les finalistes vers le Centre Court… Ces quelques instants qui précèdent le match ultime du tournoi sont tout simplement magiques. En tant que téléspectateur (j’espère être un jour spectateur juste au bord du court…), j’en ai des frissons à chaque fois. Malgré le temps qui semble figé à travers les siècles, le temple du tennis sait aussi se moderniser. Depuis 2009, le Centre Court est doté d’un toit amovible. Car c’est bien connu… Il ne pleut jamais en Angleterre ! Hum ! Hum ! Ce n’est un secret pour personne, la pluie est le pire ennemi de Wimbledon. Quand elle intervient, le jeu continue quand même sur le Centre Court. Pas mal non ?  Mieux, les organisateurs comptent installer un toit sur le court No. 1 dans l’optique de l’édition 2019. De quoi donner des idées à un certain tournoi parisien… Après cette parenthèse « inside » sur Wimbledon, passons au sport !

 

 

Les Français n’ont plus le pied vert

 

Nos Frenchies n’y arrivent plus sur le gazon du All England Club… Aucun d’entre eux n’a réussi à rallier les quarts de finale. Une bien triste performance ! Il faut dire que dès le deuxième tour, la France a perdu deux de ses meilleurs représentants. La plus grosse déception est venue de Richard Gasquet. Alors que le Tricolore avait parfaitement le match en main face à Nick Kyrgios, le Biterrois n’a pas réussi à convertir… neuf balles de match ! On pourrait presque sourire mais ce n’est pas une blague. Finalement, le « petit Mozart du tennis français » s’est incliné en cinq sets face au jeune et prometteur Australien. Presque une faute professionnelle… De son côté, Gaël Monfils n’a pas connu une meilleure issue contre Jiri Vesely. Pourtant, le Français a réussi à remonter un handicap de deux sets de retard mais la Monf’ a finalement cédé dans la cinquième manche. Quant à Gilles Simon, notre marathonien national, il a été écrasé au troisième tour par la puissance d’un certain Novak Djokvic, tête de série No. 1 du tournoi. Résultat des courses, il ne restait plus que deux Français en huitièmes de finale : Jérémy Chardy et Jo-Wilfried Tsonga. Le premier n’a jamais existé face à Marin Cilic. En trois sets, le Croate n’a fait qu’une bouchée du malheureux Tricolore. Le deuxième engagé n’a pas connu un meilleur destin contre Novak Djokovic. Toutefois, le Manceau a livré une belle partie. Mais en face, le Serbe a été tout simplement monstrueux… Notons d’ailleurs que ce match a été d’une grande qualité. Peu de fautes directes (11 pour Djokovic et 12 pour Tsonga) et une pluie de coups gagnants (44 pour le Serbe contre 37 pour le Français). Pour ma part, Jo-Wilfried Tsonga a été le meilleur joueur tricolore de la quinzaine. Certes, il n’a pas atteint les quarts de finale… Mais il n’a jamais rien lâché sur le court comme en témoigne son incroyable début de tournoi. Bien que retombé au 16ème rang du classement ATP, il a joué durant… cinq jours d’affilée pour rejoindre les huitièmes de finale !

 

Malgré 9 balles de match, Richard Gasquet a chuté contre Nick Kyrgios. © Wimbledon

Richard Gasquet chute lors de son match l’opposant au jeune Nick Kyrgios. © Wimbledon

 

La nouvelle garde du tennis mondial montre (enfin) les crocs

 

Depuis de nombreuses années, le Big Four règne sur le circuit. Mais depuis l’année dernière, la hiérarchie du tennis mondial commence à être bouleversée… Ce qui n’était encore qu’une supposition il y a quelques mois s’est transformé en une certitude à l’occasion de l’Open d’Australie cette année remporté contre toute attente par le Suisse Stanislas Wawrinka. Car derrière les cadors que sont Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray, la relève commence à pointer le bout de son nez. Et Wimbledon a confirmé cette tendance… Mieux, le tournoi a révélé au grand jour le talent d’un jeune Australien : Nick Kyrgios, 144ème mondial. Du haut de ses 19 ans, il a créé une première sensation en s’imposant face à Richard Gasquet au deuxième tour. Souvenez-vous, le garçon a tout de même sauvé neuf balles de match avant de s’imposer au cinquième set contre le Français. Une performance exceptionnelle qui prouve la grande maturité de Nick Kyrgios.

Mais l’Australien ne s’est pas arrêté en si bon chemin et s’est offert le droit de défier Rafael Nadal sur le Centre Court en huitièmes de finale. Une occasion rêvée de montrer au monde entier l’étendue de son talent. Et il n’a pas manqué sa chance… Impressionnant d’aisance et de lucidité sur le terrain, le compatriote de Lleyton Hewitt a renversé le No. 1 mondial (désormais No. 2 à l’issue du tournoi) en quatre sets devant un public anglais abasourdi. Nick Kyrgios a frappé chaque balle sans réfléchir et n’a pas tremblé au moment de conclure. Sa victoire ne souffre d’aucune contestation. Il a dominé Nadal du début à la fin de la rencontre. Pour l’Espagnol, le gazon devient un gros problème au fil des années. Malgré ses deux victoires à Wimbledon (2008 et 2010), il reste sur une élimination au deuxième tour face à Lukas Rosol en 2012, une défaite dès son entrée en lice l’année dernière contre Steve Darcis et donc une sortie prématurée en huitièmes face à l’étonnant Nick Krygios. Après son neuvième titre à Roland-Garros, le natif de Manacor a même perdu lors de son premier match à Halle contre Dustin Brown, modeste 85ème mondial. Plus les années passent et plus Nadal devient vert à l’idée de jouer sur gazon !

Dans la lignée de Nick Kyrgios, il est temps d’évoquer Milos Raonic. Le grand espoir du tennis mondial continue son ascension au plus haut niveau. Souvent comparé à Kei Nishikori, il a pris le meilleur sur le Japonais en huitièmes. Ainsi, il a réaffirmé sa volonté de devenir le nouveau No. 1 mondial de demain. Avec Eugenie Bouchard dans le tableau féminin et donc Milos Raonic dans le tableau masculin, tout le Canada a commencé à s’enflammer pour ses nouveaux héros sportifs. Déterminé, Raonic s’est offert le droit de continuer à rêver d’un potentiel premier titre en Grand Chelem. Ironie du sort, le bombardier canadien (une véritable machine à aces…) a été opposé à Nick Kyrgios en quarts de finale. Dans ce choc de la nouvelle génération, Raonic s’est montré le plus autoritaire pour atteindre sa première demi-finale en Grand Chelem. Mais la dernière marche vers la finale a été trop haute pour lui. Trop timoré face au maître de lieux, Roger Federer, le Canadien n’a pas réussi à imposer sa loi. Avec une performance chirurgicale (un break réalisé dans chaque set), le septuple vainqueur du tournoi londonien a rappelé aux jeunes étoiles du circuit qu’il fallait encore compter sur lui.

Aux côtés de Nick Kyrgios et Milos Raonic, il est impératif de citer Grigor Dimitrov. Indissociable de Roger Federer en raison de sa palette technique et son jeu relâché semblable au Suisse, le Bulgare a prouvé qu’il ne fallait plus l’appeler « Baby Federer ». Désormais, ne l’appelez pas non plus « Dimipova » (il est en couple avec Maria Sharapova) mais simplement Grigor Dimitrov. Et pour cause… Le prodige du tennis mondial a réalisé un très bon tournoi sur le gazon du All England Club. Son plus grand fait d’armes ? Battre Andy Murray, le tenant du titre et chouchou de toute la Grande-Bretagne sous les yeux du Prince William et Kate Middleton, le duc et la duchesse de Cambridge ! Toujours dans l’ombre de son illustre idole suisse jusque-là, Grigor Dimitrov est en train d’exploser au grand jour. Avec trois titres au compteur en 2014 dont un sur gazon au Queen’s juste avant Wimbledon, le Bulgare confirme les espoirs placés en lui depuis quelques années pour le plus grand bonheur de sa douce Maria… En s’imposant contre Andy Murray en quarts de finale, Dimitrov s’est qualifié pour la première demi-finale en Grand Chelem de sa carrière. Au passage, sa victoire sur l’Ecossais est la première sur un membre du Top 10 en Grand Chelem. Comme dirait Cyprien, podcasteur connu sur YouTube : Champagne ! Opposé à Novak Djokovic pour tenter d’obtenir une place en finale, Grigor Dimitrov n’est pas parvenu à battre le Serbe mais a livré une très belle prestation sur le Centre Court. Tenace et courageux jusqu’au bout, il a fait douter son adversaire et s’est même payé le luxe de prendre un set à la tête de série No. 1. Il y a fort à parier que l’on reverra Dimitrov, Kyrgios et Raonic très prochainement dans les premiers rôles en Grand Chelem.

 

Nick Kyrgios a soulevé des montagnes pour venir à bout de Rafael Nadal sur le Centre Court. © Wimbledon

Nick Kyrgios explose de joie après son succès face à Rafael Nadal sur le Centre Court. © Wimbledon

 

Djokovic – Federer : une finale d’anthologie

 

Si vous avez raté la finale masculine de Wimbledon, sachez que vous avez manqué un match d’anthologie !

Pour le dernier match de la quinzaine, Novak Djokovic et Roger Federer ont offert au public londonien un véritable chef-d’oeuvre qui s’est achevé dans une dramaturgie dont seul le All England Club a le secret. Le Suisse, né le 8 du 8ème mois de l’année 1981, visait un 8ème sacre à Wimbledon pour un 18ème Grand Chelem et un 80ème titre sur le circuit alors que le Serbe espérait décrocher un 7ème titre du Grand Chelem, son 2ème à Londres après celui remporté en 2011. On s’attendait à un choc. Ce fut un match de légende avec un scénario digne d’Hollywood !

C’est Federer qui a pris le meilleur départ dans cette finale. Malgré une légère domination de Djokovic, le Suisse est parvenu à remporter la première manche au jeu décisif en sauvant deux balles de set. Aucune balle de break à se mettre sous la dent d’un côté ou de l’autre dans cette entame de match. Tension maximale sur le Centre Court. Mais dans le deuxième set, le Djoker n’a pas perdu de temps pour réaliser le premier break de la partie et ainsi confirmer sa bonne impression en ce début de finale. Logiquement, il a recollé à une manche partout avant de prendre les commandes du match en s’adjugeant le tie-break d’un troisième set très serré et tendu. Malgré un service exceptionnel comme en témoigne un jeu de service parfait où il a réalisé quatre aces consécutifs, Roger Federer a encaissé beaucoup de passings lorsqu’il est venu au filet. Le match était-il terminé pour autant pour le maître des lieux ? Pas si vite !

Le quatrième set de cette finale d’une très grande qualité tennistique a été complètement dingue. Rapidement, Djokovic s’est envolé pour mener 3/1. Mais sous l’impulsion d’un public acquis à sa cause, Federer a réussi à prendre le service adverse pour la première fois du match. Sans se décourager, le Serbe a repris sa marche en avant pour mener 5/2 et ainsi se retrouver à un tout petit jeu du titre. Oui mais voilà, Federer reste Federer. Dos au mur, le Suisse a démontré qu’il possédait toujours un incroyable caractère de champion en réalisant une remontée fantastique. L’homme aux 17 tournois du Grand Chelem a aligné cinq jeux consécutifs en sauvant une balle de titre (grâce à un ace validé par le hawk-eye) pour s’offrir le droit de disputer un cinquième set. Dans un match devenu totalement fou, c’est finalement Novak Djokovic qui a eu le dernier mot en prenant le service de Roger Federer au meilleur moment dans la cinquième manche. Le coup est parfait pour le Serbe. Après trois finales de suite perdues en Grand Chelem, il renoue avec la victoire à Wimbledon. C’est son septième titre du Grand Chelem, son deuxième sur le gazon londonien. Cerise sur le gâteau, il reprend la place de No. 1 mondial à Rafael Nadal. En revanche, c’est un dénouement cruel pour le Suisse qui est revenu à son meilleur niveau dans ce tournoi. Comme en 2008 face à Rafael Nadal, il perd une finale qu’il ne méritait pas de perdre. Mais Roger Federer l’a dit après le match : « See you next year ! »

 

Roger Federer et Novak Djokovic en plein échange pendant la finale. © Wimbledon

Roger Federer et Novak Djokovic en plein échange pendant la finale de Wimbledon. © Wimbledon

 

Ce Wimbledon 2014 était renversant… Vivement l’année prochaine of course !

 

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Maxence Fabrion

Maxence Fabrion

Rédacteur chez La Petite Balle Jaune
Journaliste en formation. Drogué au sport. Inconditionnel de la petite balle jaune. A eu la chance de grandir avec les coups légendaires et les exploits homériques de Roger Federer. Objectif mais pas trop. Envie de voyager aux quatre coins du globe.
Maxence Fabrion