Au cœur de l’A.A.S. Sarcelles Tennis : Le Président nous dit tout !

Quelques jours après les Championnats de France Interclubs, nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Jonathan Chaouat, le Président de l’A.A.S. Sarcelles Tennis, qui nous a accueilli dans les locaux du club. Il s’est confié sur la situation du club, sur ses aspirations et ses ambitions. Entretien.

L'équipe de l'A.A.S. Sarcelles Tennis

L’équipe de l’A.A.S. Sarcelles Tennis

Bonjour Jonathan Chaouat, merci de nous recevoir ! Vous êtes l’actuel Président du club de Sarcelles, qui a atteint les demi-finales des Championnats de France 2013, et votre équipe continue à séduire. Vous comptez dans vos rangs l’actuel 34ème mondial, Jérémy Chardy, et des joueurs qui sont classés dans le top 100 comme Lukasz Kubot, ou encore Adrian Mannarino.

Petit tour d’horizon sur vous et votre club…

Entretien réalisé le 20 Décembre 2013, à Sarcelles. 

Comment êtes-vous devenu Président du club ? Au cours de votre parcours professionnel, envisagiez-vous déjà d’occuper un tel poste ?

Je suis un enfant du club. Je suis arrivé au club j’avais 9 ans, j’en ai 31 aujourd’hui. Il y a 5-6 ans, l’ancien Président, Pierrot Sfez, m’avait demandé de prendre en charge les équipes une, dans leur totalité. Et, petit à petit, on a grandi, on est montés… Et quand on est arrivés en première division… En fait, l’ascension des équipes coïncidait, malheureusement, avec la maladie du Président qui s’accentuait. Il est, malheureusement, décédé en Mars. J’étais très proche de lui. On va dire que c’était la suite logique… J’aurais préféré que ce soit dans 50 ans… Mais c’était la suite logique des choses, avec le Président dont j’étais très proche qui décède et moi qui prends sa place. Et après, il faut savoir que ce n’est pas mon métier d’être Président du club. J’ai un métier à côté. C’est bénévole. Je fais ça parce que c’est mon club, il m’a donné beaucoup de choses, et j’ai envie de lui rendre cent fois. Quand on voit les installations qu’on a la chance d’avoir, il faut avoir quelqu’un qui soit disponible et qui ait envie, surtout, de le faire.

Quelles sont les principales missions que vous avez en tant que Président ?

D’abord, gérer au quotidien le club. C’est-à-dire, mettre les bonnes personnes aux bons endroits pour que le club tourne le mieux possible. Ce n’est pas inné d’être Président de club. On apprend, on fait forcément des erreurs, on fait forcément des choix différents. Ceci étant, on essaie de garder l’image que véhicule notre club, c’est-à-dire, un club cosmopolite avec des gens qui s’investissent au quotidien. Ma première mission est, donc, de m’assurer que tout le club fonctionne bien, du niveau débutant, loisir, au Gaël Monfils. C’est de mettre en évidence tous ces gens là.

Championnats de France : le parcours s’est arrêté en demi-finale, ça reste un super résultat quand on sait qu’en 2011, Sarcelles jouait encore les championnats de National…

Les trois dernières années, on a connu la 1B, puis la 1A, puis la super division… Tout ça, en un an. Et on a su, à chaque fois, grandir grâce à la ville, on n’a pas fait ça tout seul. Le maire nous a, évidemment, beaucoup aidé. L’année dernière, on a connu une première année en première division avec les douze meilleurs clubs de France. Donc, cette année, forcément, on avait envie de faire plus grand.

Votre club était vu comme un grand favori de la compétition…

C’est facile de dire « favori »… Moi, j’avais dit : « Celui qui est favori, c’est celui qui va gagner… ». C’est une phrase débile mais la réalité est là. Oui, évidemment, j’ai des beaux noms : Jérémy Chardy, Lukasz Kubot. Les deux ont fait quarts de finale en Australie, puis Wimbledon. Derrière, j’ai Gaël Monfils qui signe à Sarcelles et qui choisit aucun club en France (sauf Sarcelles), depuis 5 ans. Vous le voyez là, vous êtes un vendredi soir au club, et il est là en train de s’entraîner… Bon, on a cette chance là. Maintenant, on va être favori avec le temps, tant qu’on aura un vivier de joueurs importants. Cette année, en finale, on n’avait que quatre joueurs disponibles, entre les blessures, les gens qui n’étaient pas là parce que les dates ont changé, etc. Tout ça mis bout à bout, ça devenait très compliqué. On fait une demi-finale, ce n’est que l’accomplissement de ce qu’on a fait l’année dernière. Maintenant, le but du jeu c’est que, l’année prochaine, on grandisse petit à petit, et un jour, on sera champions. Le TCP, la dernière fois qu’ils ont été champions, c’était il y a 27 ans. En deux ans, on fait deux fois demi-finales, c’est bien !

On est optimistes ! Cette année a été marquée par l’arrivée de Patrick Mouratoglou, comment qualifiez-vous son apport ?

Exceptionnel ! C’est le coach de Serena Williams, une des meilleures joueuses de tous les temps. Patrick, on lui a proposé, par l’intermédiaire de Gérald Brémond, le directeur sportif, de venir à Sarcelles pour voir si ça lui plaisait d’être capitaine. C’était pas prévu ! Il est venu au club, il a vu le club, il a vu l’ambiance, il a vu ce qui se passait, il a dit : « Pourquoi pas ». Et donc, cette année, il nous a donné trois fois la réplique. Et  l’année prochaine, on aimerait, on espère qu’il soit là tout le temps, et phase finale incluse.

Par quel type de contrat êtes-vous liés ?

Aucun contrat ! C’est totalement de l’investissement bénévole. Je lui ai demandé de venir par l’intermédiaire de Gérald, il a dit : « Ok ». Il y a aucun contrat financier. Il vient quand il veut. Par exemple, il nous avait dit : « Ecoute, je ne peux pas être là pendant une semaine, quelle est la date que vous préférez ? ». On a vu ce qu’on pouvait faire. Moi, j’ai préféré qu’il soit là les première, quatrième et cinquième semaines. Il commence et finit avec nous. Comme ça, on est sereins. Et ça s’est magnifiquement fait. Dès qu’il a été là, on a eu des résultats exceptionnels. Et en plus, ça marche très bien avec Gérald. C’est quelqu’un de très simple malgré l’académie qu’il a. Gérald Brémond, c’est mon meilleur ami. Il a travaillé à l’Académie Mouratoglou les trois dernières années, et quand je suis devenu Président, on a changé un peu l’organigramme. On a mis l’ancien directeur sportif, Arnaud Pinto, responsable de la formation, et, Gérald Brémond, directeur sportif qui chapeaute l’ensemble du club au niveau sportif. Et, il avait proposé à Patrick de venir, et Patrick a dit : « On fonce ! ». Ils étaient, donc, l’un avec l’autre, et ça s’est hyper bien passé. Je suis ravi qu’une personne aussi importante donne du temps à Sarcelles. C’est magnifique ! Et ça veut dire que les structures que la ville nous a donné sont plutôt une bonne chose pour nous, parce qu’on les utilise au mieux, et ça profite d’abord aux Sarcellois.

Quels sont les objectifs que vous pouvez avoir à long terme ?

Il faut pérenniser ce qu’on a actuellement, garder l’équipe, ramener des gens, etc. Quand Gaël Monfils m’a dit : « Jo, je peux venir m’entraîner à Sarcelles ? J’ai une semaine off ! », sincèrement, je me suis pincé ! J’ai pris trois jours de vacances, et je suis resté trois jours avec lui. Hier, il m’a emmené à l’exhibition de Pau où il a gagné. J’ai passé trois jours exceptionnels ! J’avais passé deux semaines avec Jérémy Chardy à l’US Open, je l’avais fait avec Malek Jaziri il y a deux ans… On y va par étape. Je suis déjà ravi d’avoir pu accompagner Gaël. Il gagne le tournoi et arrive à faire un petit clin d’œil à Sarcelles en direct sur Eurosport, j’ai envie de lui dire « Merci ! ». J’ai envie de le voir le plus tard possible dans le club. Ça veut dire, dans 5 mois, quand il préparera Roland Garros. Ça voudra dire qu’il aura cartonné les cinq prochains mois.

Au niveau du recrutement, il y aura du nouveau ?

Le problème, c’est qu’on doit en aligner que 4. Donc, plus on aura de joueurs, plus ça sera difficile de gérer les egos. Ce sont des professionnels, et aujourd’hui, comment dire à un joueur : « toi, tu ne viens pas… », ou au 36e mondial : « toi non plus, parce que j’en ai un autre… ». Non, il faut garder l’esprit d’équipe. Des noms pour avoir des noms, oui, c’est magnifique… Mais moi ce que j’aime, c’est garder l’état d’esprit du club, l’image de la ville. Vous prenez l’équipe, il y a un black, un feuj, un musulman, un qui mange tout et qui fait exprès de dire : « Je mange rien », et ainsi de suite ! Et c’est exactement ce qu’on veut dans le club ! Il y a Gaël qui fait un article avec un journaliste, il y a vous qui venez. Il y a des gens normaux qui jouent, des pas bons, des gens excellents, c’est ce qu’on veut. Pour construire dans l’avenir, le plus important pour nous, c’est d’avoir des projets, des gens qui croient en nos valeurs, en ce qu’on est capables de faire. On a la chance d’avoir Gérald Brémond qui connait le très haut niveau. Marion Bartoli l’avait sollicité l’année dernière. Aujourd’hui, c’est nous qui l’avons, on est ravis. Il faudra y aller étape par étape.

Mathieu ROG

Mathieu ROG

Co-fondateur chez La Petite Balle Jaune
Diplômé d'un DUT GEA et d'une Licence en gestion, il est tombé dans la marmite du sport quand il était petit. Il lui suffit de voir un revers de Roger Federer, un pilote de Force India ou un match de l'OM pour le mettre en quarantaine. Partager des émotions et vivre un spectacle sportif : c'est son rêve.
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